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Derrière Fillon, ses soutiens endurent une campagne chaotique

Les onze candidats à la présidentielle lors du débat organisé par BFM TV et CNews, le 4 avril 2017 à La Plaine-Saint-Denis près de Paris.

Les onze candidats à la présidentielle lors du débat organisé par BFM TV et CNews, le 4 avril 2017 à La Plaine-Saint-Denis près de Paris. - Lionel Bonaventure, AFP

Les controverses autour d'emplois présumés fictifs dans la famille Fillon ont dissous le calme et l'assurance de la victoire qui animaient Les Républicains depuis le succès de l'ex-Premier ministre dans la primaire. Bisbilles entre fillonistes et structures du parti, déplacements chahutés, et candidat éloigné de sa base, la campagne de François Fillon va d'épreuve en épreuve.

Autour de François Fillon, on a du mal à trouver un peu de sérénité. Certains n'hésitent pas à parler de "bordel", comme le rapporte la dernière édition du Journal du dimanche. La coexistence difficile des comités de soutien à François Fillon, fondés par son ancien directeur de campagne durant la primaire et actuel directeur général du parti Les Républicains, Patrick Stefanini, et les fédérations traditionnelles du mouvement, est notamment pointée. Elle explique pour une part les dissonances au sein d’une famille politique fragilisée, troublée par les controverses sur les emplois présumés fictifs dans la famille du prétendant à l’Elysée.

Des tensions "assumées" par l'organigramme filloniste

Un détour par le site internet de ces groupes montre en tout cas la dimension pléthorique de ces nouvelles formations partisanes: en plus des comités de soutiens départementaux ou locaux, on note encore les "Jeunes avec Fillon", les "Femmes avec Fillon", les "Entrepreneurs avec Fillon", les "Agriculteurs avec Fillon", "Mid Génération avec Fillon", "Familles avec Fillon", et enfin les "Professionnels de santé avec Fillon".

A Marseille, le cocktail tourne vinaigre entre les fillonistes et les structures du parti, note le JDD qui donne la parole à Patrick Stefanini:

"Ces tensions, je les assume totalement. Le vrai sujet, c’est qu’à Marseille, ils n’ont pas envie de soutenir Fillon. Comment voulez-vous que je fasse campagne avec des gens comme ça."

Un candidat contesté et "surprotégé"

Le problème, c’est que l’arbitrage est difficile du fait de la distance de François Fillon avec sa base. Si le député élu à Paris maintient sa candidature, il mène désormais son équipée électorale à certaines conditions, relève l’hebdomadaire. Assailli par les concerts métalliques des casseroles de manifestants à chaque déplacement, le Sarthois a renoncé à se mouvoir en train. Un conseiller estime même que son champion est "surprotégé".

Pour l’instant, ces précautions ne paient pas. Dans son parti, certains parlementaires ne sont pas loin du point de rupture et menacent de lâcher une campagne qui bat de l’aile depuis plusieurs semaines maintenant, quand d’autres traînent leur vague à l’âme dans les travées du Palais-Bourbon.

Auprès de l’opinion, l’ancien chef de gouvernement stagne. Pire, un sondage Ifop indique que 65% des Français désirent que François Fillon renonce à sa candidature, et 30% des sympathisants de son camp n'ont pas déclaré souhaiter qu'il se présente. Triomphateur surprise d’une primaire où ont convergé les votes de 4,4 millions de citoyens, François Fillon tente à présent de garder les rênes d’une campagne chaotique.

Robin Verner