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"Pourquoi changer une méthode qui gagne?" Matignon répond aux appels à accélérer le déconfinement

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Photo d'illustration - AFP

Certaines voix commencent à se faire entendre, réclamant au gouvernement d'accélérer le déconfinement de la population, dont la première phase a été amorcée le 11 mai dernier et la deuxième entamée le 2 juin.

Alors que le souvenir du confinement s'éloigne peu à peu, depuis la levée progressive des restrictions amorcée le 11 mai dernier, la politique a pleinement repris ses droits. Le pays est entré dans la deuxième phase du processus de déconfinement le 2 juin. La troisième devrait suivre après le 21 juin.

Mais le calendrier ne convient pas à certains, qui plaident pour une accélération. Ce à quoi les services du Premier ministre opposent une fin de non-recevoir. "Pourquoi changer une méthode qui gagne?", a répondu Matignon à BFMTV. 

"Il y a une méthode, elle fonctionne avec un cap et un rythme progressif, les Français le voient et les soignants nous demandent eux-mêmes de suivre ce rythme", justifie-t-on de même source. "C'est progressif partout en Europe et à part sur le foot (qui n'est pas de notre responsabilité directe), on est parmi les plus rapides sur le rythme du déconfinement."

Matignon rappelle la mise en œuvre d'un système de "pas de trois semaines en trois semaines, avec quelques adaptations possibles entre, mais à la marge". Par exemple, en Île-de-France, où seules les terrasses des restaurants sont actuellement autorisées à recevoir du public. La porte ne serait pas fermée à une réouverture de leurs salles.

"C'est au regard des analyses sanitaires et en conseil de défense que ce genre de sujet se tranche", répond-on à Matignon.

Droite et patronat veulent "un retour à la normale rapide"

Parmi les contempteurs du calendrier du déconfinement, le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a ainsi appelé le gouvernement ce mercredi, dans une interview aux Échos, à "réviser les protocoles sanitaires s'appliquant en entreprise" afin de permettre un "retour à la normale rapide".

"L'exécutif doit dire aux Français: il est temps, tout en respectant les gestes barrières, de retourner travailler et consommer. Soyons clairs: nous attendons l'équivalent du 'Restez chez vous' du mois de mars", a ainsi déclaré le patron des patrons.

"Désormais, il y a vraiment urgence à déconfiner notre pays", a estimé dans le même registre Damien Abad, chef de file des députés Les Républicains (LR), lors d'un point presse ce mercredi. Le député de l'Ain plaide notamment pour une réouverture des salles de restaurants "dès ce week-end notamment en Île-de-France".

Dans un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et France Info publié fin mai, 55% des personnes interrogées déclaraient approuver le plan de déconfinement tel qu'il avait été annoncé par le gouvernement.

Elisa Bertholomey avec Clarisse Martin