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De la friture sur la ligne de conduite du gouvernement

Déclarations ministérielles intempestives et impression de flou, voire de reculade, entourant certaines décisions brouillent le message du gouvernement, des turbulences que François Hollande et Jean-Marc Ayrault paient au prix fort dans les sondages. Jean

Déclarations ministérielles intempestives et impression de flou, voire de reculade, entourant certaines décisions brouillent le message du gouvernement, des turbulences que François Hollande et Jean-Marc Ayrault paient au prix fort dans les sondages. Jean - -

Déclarations ministérielles intempestives et impression de flou, voire de reculade, brouillent le message du gouvernement et du président François Hollande. Si à Matignon, on jure que tout va bien, des voix socialistes réclament plus d'ordre au sein de la majorité.

Déclarations ministérielles intempestives et impression de flou, voire de reculade, entourant certaines décisions brouillent le message du gouvernement. Des turbulences que François Hollande et Jean-Marc Ayrault paient au prix fort dans les sondages.
Les propos dominicaux de Vincent Peillon en faveur d'un débat sur la dépénalisation du cannabis ont occupé médias et politiques toute la journée de lundi, rendant inaudible le discours sur l'innovation prononcé de Jean-Marc Ayrault à l'Institut de recherche technologique Jules Verne de Bouguenais, près de Nantes. « Il est clair que reparler du cannabis, un débat qui n'est pas à l'ordre du jour et ne le sera pas, ça fait du temps perdu avec une question qui ne se pose pas », s'énerve quelque peu un conseiller de Matignon.
Dans le tumulte provoqué par les commentaires des déclarations du ministre de l'Education nationale, peu de Français ont entendu le chef du gouvernement conclure son intervention nantaise par ces mots : « La France va y arriver, la France va gagner ».

Autocritique

Après une sèche remise au pas de son ministre, l'heure était mardi à l'autocritique pour le chef du gouvernement. « La moindre bavure se voit parce que les Français veulent voir tous les ministres au travail, concentrés sur l'action de leur ministère et pas autre chose », a reconnu Jean-Marc Ayrault, qui reconnaît quelques erreurs. Ce « couac de trop », pour reprendre le titre du Figaro du jour, s'ajoute à d'autres crissements, qu'il s'agisse du débat autour du traité européen au sein du PS et de leurs alliés écologistes, de l'objectif de 3% de déficit pour 2013 jugé « absurde » par le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, ou des avis « personnels » de certains ministres sur l'accès des homosexuelles à la procréation médicalement assistée (PMA). « Je souhaiterais que dans la majorité il y ait davantage d'harmonie dans les déclarations, qu’il s’agisse de l'ISF (Impôt de solidarité sur la fortune-NDLR), de la PMA, de ceci ou de cela », déclarait mardi le président du groupe des Radicaux de gauche à l'Assemblée nationale, Roger-Gérard Schwartzenberg. « L'unisson n'est pas toujours atteignable mais la cacophonie n'est pas souhaitable ».

Cacophonie

L'exécutif a aussi donné ces derniers temps l'impression d'hésiter sur certains points, qu'il s'agisse du récépissé lors des contrôles d'identité ou de la fronde des "pigeons" fondateurs de start-up, face auxquels le gouvernement a semblé reculer, même s'il s'en défend. « A l'impatience créée par le slogan de campagne de François Hollande "Le changement, c'est maintenant" s'ajoute aujourd'hui une impression de flou, un manque de ligne directrice », analyse Adélaïde Zulfikarpasic, de l'institut LH2. « On a une cacophonie sur des sujets non prioritaires pour les Français, qui ont besoin d'un tableau de bord très ferme, très clair, sur des thèmes comme l'emploi », ajoute-t-elle.
Des flottements qui se traduisent dans les sondages. Deux enquêtes BVA et LH2 publiées lundi annoncent ainsi une cote en baisse du président oscillant entre 40% et 44%, celle du Premier ministre culminant entre 45% et 46%. Après la mise au point radiophonique de Jean-Marc Ayrault, ce sera au tour de François Hollande de s'exprimer mercredi dans Le Monde, à la veille du conseil européen de Bruxelles. Il donnera à la mi-novembre sa première grande conférence de presse présidentielle.
Comme tous les mardis, président et Premier ministre se sont retrouvés à l'Elysée pour un déjeuner préparé la veille entre Christophe Chantepy, directeur de cabinet de Jean-Marc Ayrault, et son homologue élyséenne, Sylvie Hubac. « Tout s'est bien passé », déclarait lundi soir Christophe Chantepy à Reuters, en réponse aux rumeurs de « friture sur la ligne » entre l'Elysée et Matignon. « S'il y avait des tiraillements, des ennuis, je serais le premier à le savoir ! »

Manque de charisme pour Ayrault ?

Une conseillère de l'Elysée met les « couacs » du gouvernement sur le compte de la « culture socialiste où tout le monde estime avoir le droit à la parole. Mais au final, c'est toujours le président et le Premier ministre qui ont le dernier mot ». Sur ce point, Jean-Marc Ayrault doit encore faire ses preuves pour asseoir son autorité sur une équipe où les piques fusent de temps à autre. Le Premier ministre manque-t-il d'autorité ? manque-t-il d'autorité ? « Ce n'est pas un tribun, il a encore des progrès à faire à l'oral », lâche un ministre. « On lui reproche son manque de charisme. C'est vrai qu'il est moins visible que certains membres du gouvernement comme Manuel Valls ou même Vincent Peillon, qui occupent médias et agenda », note pour sa part Adélaïde Zulfikarpasic. La politologue pense cependant que « la question n'est pas de changer des hommes mais d'améliorer le fonctionnement, d'afficher une cohésion plus claire et plus marquée ».

La rédaction avec Reuters