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Dans l'affaire Karachi, le juge auditionne un juge

Le juge Jean-Louis Bruguière a été entendu lundi comme témoin par le juge d'instruction Marc Trévidic qui enquête sur l'affaire de l'attentat de Karachi au Pakistan en 2002, où onze Français ont péri. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Le juge Jean-Louis Bruguière a été entendu lundi comme témoin par le juge d'instruction Marc Trévidic qui enquête sur l'affaire de l'attentat de Karachi au Pakistan en 2002, où onze Français ont péri. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau - -

PARIS (Reuters) - Le juge d'instruction qui enquête sur l'affaire de l'attentat de Karachi au Pakistan en 2002, où onze Français avaient péri, a...

PARIS (Reuters) - Le juge d'instruction qui enquête sur l'affaire de l'attentat de Karachi au Pakistan en 2002, où onze Français avaient péri, a entendu lundi comme témoin son prédécesseur sur le dossier, Jean-Louis Bruguière.

Arrivé au palais de justice en début d'après-midi, dans les locaux qu'il a quittés en 2007, ce dernier n'a pas fait de déclaration à la presse. Ce type d'audition dans une enquête antiterroriste est une procédure inhabituelle.

Cette audition menée par le juge Marc Trévidic fait suite à plusieurs découvertes dans la procédure, notamment l'absence d'éléments médico-légaux ou techniques sur l'attentat, susceptibles d'invalider la piste islamiste.

L'avocat des familles de victimes, Me Olivier Morice, juge cette absence anormale et a donc demandé l'audition du juge Bruguière, qui a privilégié la thèse de l'attentat islamiste. Il le soupçonne d'avoir occulté celle qui est suivie aujourd'hui, un possible règlement de comptes sur fond d'affaire de corruption à l'élection présidentielle française de 1995.

Jean-Louis Bruguière, qui fut candidat UMP malheureux en 2007 aux législatives, a nié ces accusations dans la presse, expliquant qu'il n'avait jamais eu d'élément laissant penser que la piste islamiste n'était pas la bonne.

Les Français tués travaillaient sur la construction de sous-marins vendus en 1994 au Pakistan, dans des conditions qui donnent lieu à une autre enquête financière, car des dizaines de millions d'euros de commissions présumées frauduleuses ont été mises au jour.

On sait que Jacques Chirac, élu en 1995 président, avait ordonné l'arrêt du paiement de ces commissions, soupçonnant qu'elles puissent profiter à son rival de droite Edouard Balladur. Cet arrêt des paiements serait, selon l'hypothèse suivie actuellement, le mobile de l'attentat.

Un mobile lié à ces affaires d'argent avait été évoqué dès 2002 par un agent de l'ambassade des Etats-Unis dans une déposition recueillie par le parquet antiterroriste français à Karachi, juste après les faits. Saisi ensuite de l'enquête, le juge Bruguière a fait annuler cette déposition et d'autres pour vice de forme et n'a jamais réentendu l'agent américain.

Thierry Lévêque, édité par Gilles Trequesser