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D'où vient le portrait officiel d'Emmanuel Macron présenté par François Ruffin?

Portrait présidentiel officiel d'Emmanuel Macron.

Portrait présidentiel officiel d'Emmanuel Macron. - Soazig de la Moissonnière

Le député La France Insoumise s'est amusé avec un portrait d'Emmanuel Macron lors d'une avant-première à Paris mardi soir. Mais d'où provient-il?

"Ce soir, Macron a vu 'J'veux du soleil !' ", écrit mardi le député de La France Insoumise sur son compte Facebook, accompagnant son message d'une vidéo. On y voit François Ruffin, juste avant la projection de son film sur les gilets jaunes dans une salle des Champs-Élysées, sortir le portrait officiel d'Emmanuel Macron, devant les spectateurs.

"On n'est pas loin de chez lui, donc on l'a amené, on l'a amené voir les gilets jaunes du pays", déclare le député LFI, avant de sortir d'un grand sac, le cliché du président de la République. "Je suis sûr qu'il va en ressortir avec plein d'empathie pour ces Français, et il fera désormais passer les gens avant l'argent", lance-t-il devant un public hilare.

Dans la suite de cette vidéo, François Ruffin revient quelques heures en arrière, dans une sorte de flash-back, qui semble expliquer comment il a obtenu ce portrait. Le député a reçu une militante d'ANV-COP 21, a priori quelques heures plus tôt à l'Assemblée nationale, là où elle lui a offert le cliché.

Volé à la mairie du Vème arrondissement de Paris

ANV-COP 21 est un "mouvement populaire et non-violent pour relever le défi climatique", selon leur site. Le décrochage de portraits officiels symbolise pour eux "le vide de la politique climatique et sociale du gouvernement", déclare la jeune femme à François Ruffin.

"C'est un portrait qui sort d'une des premières actions de décrochage des portraits présidentiels, de la mairie du Vème arrondissement de Paris", assure la militante, en présentant le cadre.

Depuis le 21 février, des militants écologistes mènent en effet des opérations de "réquisition" de portraits officiels du président de la République dans les mairies. Cinq militants avaient été placés en garde à vue mi-mars, et selon l'activiste invitée par François Ruffin, certains sont "poursuivis pour vol en réunion avec 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende", comme le demande l'article 311-4 du Code Pénal.

"Ce n'est pas du recel ce que je vais faire là?"

"Ce n'est pas du recel ce que je vais faire là?" demande alors François Ruffin. "C'est du recel" lui répond la jeune femme. Selon l'article 321-1 du Code Pénal, "Le recel est le fait de dissimuler, de détenir ou de transmettre une chose, ou de faire office d'intermédiaire afin de la transmettre, en sachant que cette chose provient d'un crime ou d'un délit".

Ce délit est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 375.000 euros d'amende, comme le précise lui-même le député LFI dans la vidéo. "On se retrouvera sur le banc des accusés peut-être", lance-t-il à la militante, à la fin de la vidéo.

Salomé Vincendon