BFMTV

CPE, loi El Khomri: les jeunes dans la rue, le cauchemar de tous les gouvernements

Manifestation étudiante contre l'austérité à Paris, en octobre 2015.

Manifestation étudiante contre l'austérité à Paris, en octobre 2015. - Dominique Faget - AFP

Les syndicats étudiants appellent à la mobilisation contre la loi El Khomri. Un mouvement suivi de près par le gouvernement, qui redoute son ampleur.

Les jeunes s'engagent dans le mouvement contre la loi El Khomri. Malgré le report au 24 mars de la présentation du projet de loi en Conseil des ministres, les syndicats de lycéens et d'étudiants ne décolèrent pas. "C'est une première victoire mais nous voulons mettre encore plus la pression", a dit lundi Pauline Collet, porte-parole de l'Unef. Dont acte: mardi, ils ont annoncé un "rassemblement à Paris" le 9 mars et des actions en France.

Un appel suivi attentivement par le gouvernement. Car dans l'exécuritf, on n'a pas oublié les mobilisations étudiantes passées, notamment celle organisée contre le Contrat première embauche (CPE). Il y a 10 ans, en mars 2006, des centaines de milliers de jeunes, lycéens, étudiants et jeunes actifs étaient descendus dans les rues de France contre ce contrat de travail proposé par Dominique de Villepin, alors Premier ministre UMP. Après trois mois de manifestations dans tout le pays, des universités bloquées pendant des semaines entières, le CPE avait finalement été retiré.

"Ce serait dommage de gâcher la fin du quinquennat"

Qu'ils soient de gauche ou de droite, les responsables politiques ont bien conscience du fait qu'une mobilisation de jeunes peut rapidement devenir compliquée à gérer. "En privé, Nicolas Sarkozy disait qu'il les redoutait particulièrement", rappelle Thierry Arnaud, éditorialiste politique de BFMTV.

"Ce n'est jamais bon d'avoir les jeunes dans la rue", admet Benjamin Lucas, président du Mouvement des jeunes socialistes, au micro de BFMTV. Le jeune homme en sait quelque chose: il a fait ses premiers pas en politique il y a dix ans, contre le CPE.

La situation pourrait devenir d'autant plus compliquée que c'est une jeunesse de gauche qui appelle à manifester contre un gouvernement socialiste - qui plus est dans un pays en état d'urgence. "La jeunesse c'était la priorité de François Hollande lorsqu'il était candidat", rappelle Benjamin Lucas en voilant à peine sa menace: "Beaucoup de choses ont déjà été faites dans ce domaine depuis 2012. Ce serait dommage de gâcher ça à la fin du quinquennat". En répète, sans surprise, que le MJS appelle au retrait du texte.

A. K. avec Océane Goanec, Antoine Pollez, Sébastien Savoye