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Covid-19: Macron se donne "8 à 10 jours" avant d'envisager de renforcer ou relâcher les contraintes

Lors d'un long échange en visioconférence avec une quinzaine d'élus de sa majorité, le chef de l'État a affirmé qu'il était "trop tôt pour trancher" en faveur d'un assouplissement ou d'un durcissement des mesures de restriction.

Se laisser encore du temps. C'est en substance le message qu'a communiqué Emmanuel Macron auprès d'une quinzaine de parlementaires de sa majorité ce vendredi matin en visioconférence. Au cours de l'entretien, qui a duré plus de deux heures, le chef de l'État a notamment expliqué qu'il s'accordait "8 à 10 jours" avant de trancher en faveur d'un assouplissement ou d'un durcissement des contraintes sanitaires.

Selon les propos rapportés par des participants à BFMTV, Emmanuel Macron "est parti du constat que les scientifiques prévoient un mois de mars compliqué" s'agissant de la circulation de l'épidémie.

"Il faut être vigilant. Il partage le concept de la responsabilité individuelle de chacun. On verra dans les semaines qui viennent si on peut relâcher la pression", a prévenu l'un des élus présents. "Il était ni optimiste, ni pessimiste, mais réaliste. À l'instant T, le plateau est toujours haut", ajoute un autre, signifiant qu'un quelconque allègement des mesures de restriction demeure inenvisageable.

Préparer la réouverture

Le président de la République a par ailleurs mentionné la météo de plus en plus printanière, qui risque d'accentuer le ras-le-bol des Français vis-à-vis du couvre-feu. Ce dont Emmanuel Macron se dit conscient.

"Il nous a évoqué les différents scénarios selon l'évolution du virus et des variants, tout en répétant à chaque fois qu’à ce jour, aucun scientifique ni politique n’est en mesure de prédire où nous en serons dans dix jours", glisse un participant auprès de BFMTV.

Le chef de l'État a souligné qu'il y avait encore beaucoup d’incertitudes, qu'il "gouverne avec cela". Néanmoins il a également assuré qu'il préparait activement les choses pour la suite. À savoir, travailler déjà aux réouvertures, "parce que ça arrivera", nous résume l'un des élus La République en marche. Notamment dans les secteurs culturel et de la restauration. "Mais il faut que ce soit préparé", a insisté Emmanuel Macron.

Le passeport vaccinal, "pas le bon terme"

S'agissant d'ailleurs des restaurants, le locataire de l'Élysée a exprimé sa désapprobation du principe de "passeport vaccinal", dispositif théorique par lequel seuls les Français vaccinés pourraient accéder à certains lieux fermés ou destinations. "Ce n'est pas le bon terme", juge-t-il.

Les participants à la réunion faite à distance ont salué le choix présidentiel de ne pas reconfiner le pays et d'en faire une solution de dernier recours. Emmanuel Macron a affirmé que cette décision a été consolidée par ce qui lui remonte du terrain et ce que lui disent les scientifiques.

"À ce stade oui, les faits lui donnent raison, et en même temps il reconnaît qu'il y a de l'incertitude", affine un parlementaire LaREM.
Par Agathe Lambret et Elisa Bertholomey, avec Jules Pecnard