BFMTV

Coronavirus: le Sénat vote à l'unanimité la création d'une commission d'enquête

Le Sénat (Photo d'illustration)

Le Sénat (Photo d'illustration) - François Guillot

Après l'Assemblée nationale, le Sénat a voté à l'unanimité la création d'une commission d'enquête sur la gestion de la crise sanitaire du coronavirus en France.

Le Sénat, dominé par l'opposition de droite, a voté à l'unanimité mardi la création d'une commission d'enquête sur la gestion de la crise sanitaire du coronavirus demandée par son président Gérard Larcher (LR).

Mise en place pour six mois, la commission aura un format élargi à 36 membres et entamera ses auditions dès juillet, alors que celles de l'Assemblée nationale sont en cours. Celles de l'Assemblée nationale sont déjà en cours, avec l'audition très attendue mardi de l'ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Le président de la commission des Affaires sociales Alain Milon (LR), qui doit prendre sa présidence, a précisé vouloir entendre très rapidement le ministre de la Santé Olivier Véran et ses prédécesseurs. Pour Gérard Larcher, "il ne s'agit pas de régler des comptes, il s'agit de tirer des leçons".

"Notre pays n'était pas suffisamment préparé"

Selon l'exposé des motifs de la proposition de résolution votée à main levée, "cette crise d'une ampleur exceptionnelle a montré que notre pays n'était pas suffisamment préparé" et "il est aujourd'hui essentiel de comprendre les causes de cette impréparation afin d'en tirer les leçons pour l'avenir".

La commission d'enquête pourra "concentrer ses travaux" notamment sur "les difficultés rencontrées par les personnels soignants", "l'analyse des pénuries constatées" ou encore "la situation spécifique" des Ehpad. "Il y a eu plus de 30.000 décès et les Français ont le droit de savoir", a affirmé le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau, pour qui la crise sanitaire "a révélé une terrible impuissance publique de la part de l'Etat, étouffé par la bureaucratie".

Selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles mardi à 11h00 GMT, la pandémie a fait 29.813 morts en France.

"Devoir des parlementaires"

"Il était du devoir des parlementaires de constituer (...) des commissions d'enquête afin de tirer le bilan de cette crise, pour proposer ensuite des améliorations", a déclaré Jocelyne Guidez (centriste). "Nous allons encore une fois tenir notre rang, comme dans d'autres épisodes politiques récents", a affirmé le président du groupe PS Patrick Kanner, dans une allusion à la commission d'enquête sénatoriale sur l'affaire Benalla, créée à l'été 2018.

"Notre objectif ne doit pas être de recopier le travail de nos collègues députés, mais d'y apporter un éclairage complémentaire avec le prisme de nos élus locaux qui ont été en première ligne durant la pandémie", a souligné la présidente du groupe CRCE à majorité communiste Eliane Assassi. "Il ne s'agit ni d'un exercice qui viendrait à mimer la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, ni d'un procès politique à l'encontre de notre gouvernement", à renchéri Emmanuel Capus (Indépendants).

Pour Jean-Claude Requier, président du groupe RDSE à majorité radicale, "ce qui importe surtout, c'est que le travail d'analyse en profondeur soit mené hors de toute polémique partisane, comme c'est inscrit dans l'ADN du Sénat, dans la seule finalité de préparer notre pays aux futures pandémies". "Nous voulons une analyse approfondie, lucide, rigoureuse, objective, totalement transparente", a déclaré Noëlle Rauscent pour le groupe LREM de la majorité présidentielle, soulignant que "la situation ne saurait être exploitée à des fins politiciennes".

S. V. avec AFP