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Convention de la droite: Marion Maréchal et ses proches cherchent une alternative hors partis 

Retirée de la politique, l'ancienne députée Marion Maréchal assure qu'il ne s'agit pas de créer un "mouvement politique."

C'est ce samedi dans le XVe arrondissement que l'ancienne députée d'extrême droite Marion Maréchal et ses proches, dont le polémiste Eric Zemmour, se réunissent en quête d'une "alternative" conservatrice à Emmanuel Macron, dans une démarche hors partis qui irrite le Rassemblement National et suscite peu d'intérêt chez Les Républicains.

Sur BFMTV, Erik Tegnér, un jeune Républicain et organisateur de l'événement, explique les raisons d'un tel rendez-vous. 

"Lorsque j’entends Guillaume Larrivé qui pendant sa campagne propose la suppression du droit du sol, je pense qu’à un moment donné, il faut accepter qu’il puisse y avoir une convergence d’idées entre Marion Maréchal, lui, et Marine le Pen", assure-t-il. 

"C'est un fantasme" 

Pourtant, l'idée même de cette convergence des droites peine à convaincre. Selon le porte-parole du RN Sébastien Chenu, cette dernière serait "un fantasme." 

"Et puis c'est restrictif, on souhaite parler à tous les Français qu’ils viennent de droite ou de gauche, qu’ils aient été trompés par la droite et trahis par la gauche", complète-t-il. 

Pour Camille Langlade, responsable du service politique de BFMTV, l'idée à bien du mal à prendre. 

"Ce que cherche à faire Marion Maréchal, c’est une offre à la François-Xavier Bellamy, un LR très proche des milieux conservateurs. Résultat, seulement 8% aux élections européennes pour un candidat LR, c’est très très loin de ce qu’ils font d’habitude. Pour l’instant, ça ne reste qu’une idée Qu’y a-t-il concrètement? Il n’y a pas de liste pour les municipales."

Pas de "mouvement politique"

Pour Marion Maréchal, le RN n'est "pas suffisant" pour gagner. Elle considère d'ailleurs que l'effondrement de LR aux élections européennes (8,5% des voix) est "une opportunité" pour "ancrer dans un avenir commun" droite et extrême droite.

Il ne s'agit pas cependant de créer un "mouvement politique", se défend la jeune femme, qui a abandonné le nom Le Pen mais a toujours sa carte au RN. Elle a déclaré à plusieurs reprises ne pas vouloir entrer en conflit avec sa tante Marine Le Pen, présidente du parti, de plus en plus agacée par ses initiatives.

Jugeant sa nièce "un peu jeune" pour représenter le RN en 2022, la cheffe du RN a demandé aux cadres de son parti de ne pas participer à ce qu'elle qualifie de "discussion" entre "cathos-conservateurs".

Seul l'eurodéputé RN Gilbert Collard, "électron libre" au RN, viendra parler de questions de Justice. Le maire de Béziers Robert Ménard, soutenu par le RN, parlera de "l'abandon des villes moyennes".

Zemmour présent, Dupont-Aignan pas convié

Parmi les autres invités de ce jour, le polémiste Eric Zemmour, récemment condamné pour provocation à la haine religieuse, qui était à Perpignan lundi aux côtés du député RN Louis Aliot. Il ouvrira le bal des débats sur "l'alternative au progressisme", terme utilisé par Emmanuel Macron pour l'opposer au "nationalisme".

Deux contradicteurs devaient venir mais seul l'essayiste Raphaël Enthoven sera présent, pour demander si "le retour en arrière fait un programme". Le député LREM Aurélien Taché a, en revanche, renoncé à participer à la rencontre après le refus des organisateurs d'accréditer des journalistes jugés "agressifs et dénigrants". Des pratiques jugées "antidémocratiques" par l'élu du Val-d'Oise, même si finalement les journalistes ont été invités.

Islam et immigration seront des thèmes dominants de cette rencontre. Un élu LR de Seine-Saint-Denis, Vijay Monany, qui milite pour que "la France redevienne la France", s'exprimera sur le coût de l'immigration. L'essayiste Laurent Obertone, très apprécié de Marine Le Pen, parlera de "La France et ses immigrés: côte à côte ou face à face?".

Jean-Frédéric Poisson, ancien candidat à la primaire de la droite et président du très droitier Parti chrétien-démocrate, évoquera "l'islam, cinq piliers ou cinquième colonne", une expression qui désigne des militants infiltrés.

Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan a déploré de n'avoir pas été invité, considérant avoir été "le seul qui a fait l'union en 2017" en s'alliant avec Marine Le Pen au second tour de la présidentielle.

Hugo Septier