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Colère des policiers: Nicole Belloubet y voit "un mouvement d'humeur qui s'apaisera"

Nicole Belloubet, dans la cour de l'Elysée le 10 octobre 2018

Nicole Belloubet, dans la cour de l'Elysée le 10 octobre 2018 - Eric FEFERBERG / AFP

Interrogée ce vendredi sur la légalité des rassemblements de policiers, Nicole Belloubet a indiqué qu'ils ne sont pas légaux et qu'il s'agit d'un "mouvement d'humeur qui s'apaisera".

Nicole Belloubet a estimé ce vendredi que la colère des policiers, ulcérés par les propos du ministre de l'Intérieur prônant une tolérance zéro pour des faits de racisme, était un "mouvement d'humeur qui s'apaisera", suscitant l'indignation à droite.

Interrogée sur la radio Franceinfo sur la légalité des rassemblements de policiers et l'appel de syndicats à l'arrêt des interpellations, la garde des Sceaux a répondu: "Ce n'est pas légal, mais la question n'est pas celle-là (...). J'imagine que c'est un mouvement d'humeur qui s'apaisera."

"Les rassemblements de plus de 10 personnes sont interdits, sauf dans des circonstances particulières, à partir du moment où on respecte la distanciation physique. Je pense que la question n'est pas tant juridique que symbolique", a dit la ministre. "Il ne faut ni déni ni systématisme" dans le traitement de cette crise de confiance, a-t-elle affirmé.

"Totalement confiance en la police"

Nicole Belloubet a assuré avoir "totalement confiance en la police", et réaffirmé que le racisme était "totalement antinomique avec la République".

"Chaque Français a quelque part en lui un risque de racisme. Il faut lutter contre ça. Et quand il s'exprime, c'est une infraction et elle est juridiquement condamnable", a-t-elle indiqué, précisant que 400 à 500 condamnations étaient prononcées chaque année en France pour des actes racistes ou antisémites.

Interrogée sur les déclarations du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner sur l'hypothèse d'une suspension d'un agent en cas de "soupçon avéré" de racisme, la ministre a expliqué qu'il s'agissait en fait d'"une règle générale dans la fonction publique".

"Quand il y a des faits graves, on peut suspendre quelqu'un à titre préventif, en attendant la sanction disciplinaire. (...) Ce n'est pas propre à l'institution policière. C'est une pratique destinée à protéger nos concitoyens, à protéger les usagers de la fonction publique."

"Quelle bêtise et quel mépris"

A droite, ces propos ont fait vivement réagir. "Quelle bêtise et quel mépris de la part de la ministre de la Justice qui ose réduire la colère légitime de nos forces de l’ordre à un 'mouvement d’humeur'. Comment le Premier ministre peut il rester muet après de tels propos? Soutien total à nos policiers et nos gendarmes!", affirme sur Twitter le président des Républicains Christian Jacob.

"Après avoir libéré 14.000 détenus sans contrôle, elle désespère un peu plus les policiers et les gendarmes et fait courir le risque gravissime d'un écroulement civique", déplore le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau.

"Quel mépris", réagit également le trésorier du Rassemblement national Wallerand de Saint-Just, sur Twitter.

C.Bo. avec AFP