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Clotilde Reiss va pouvoir rentrer en France

L'universitaire française Clotilde Reiss, assignée à résidence en Iran, sera acquittée d'ici dimanche de l'accusation principale d'espionnage et devrait pouvoir rentrer bientôt en France. /Photo d'archives/REUTERS/Fars News

L'universitaire française Clotilde Reiss, assignée à résidence en Iran, sera acquittée d'ici dimanche de l'accusation principale d'espionnage et devrait pouvoir rentrer bientôt en France. /Photo d'archives/REUTERS/Fars News - -

TEHERAN - L'universitaire française Clotilde Reiss, assignée à résidence en Iran, sera acquittée d'ici dimanche de l'accusation principale...

par Pariza Hafezi

TEHERAN (Reuters) - L'universitaire française Clotilde Reiss, assignée à résidence en Iran, va pouvoir rapidement rentrer en France après avoir vu sa condamnation à deux fois cinq ans pour espionnage commuée samedi en amende.

"L'affaire Clotilde Reiss est finie. J'ai payé ce matin une amende de 285.000 dollars. Je récupérerai demain (dimanche) son passeport et elle sera autorisée à quitter le pays juste après", a déclaré Reuters l'avocat de Reiss, Mohammad Ali Mahdavi-Sabet.

Ce dernier a déclaré que sa cliente avait été condamnée samedi à deux fois cinq ans de prison, une peine commuée ensuite en une amende.

A Paris, le ministère des Affaires étrangères a dit attendre le retour de l'universitaire française sans délai.

"Nous avons pris note de la décision de justice concernant Clotilde Reiss et attendons son retour sans délai", a déclaré Bernard Valero, porte-parole du Quai d'Orsay.

Agée de 24 ans, Clotilde Reiss a été arrêtée en juillet à Téhéran. Elle était accusée de participation à un complot occidental visant à déstabiliser le gouvernement iranien après l'élection présidentielle du 12 juin qui a vu la réélection de Mahmoud Ahmadinejad pour un second mandat.

Après avoir passé un mois et demi en prison, elle a été assignée à résidence à l'ambassade de France à Téhéran.

Il lui est aussi reproché d'avoir envoyé des photos des manifestations et un "rapport" à Paris sur les événements.

Interpellée alors qu'elle se préparait à prendre un avion pour la France, elle a fait des "aveux" le 9 août lors d'une première audience du tribunal considérée comme truquée par Paris, et auxquelles n'ont pu assister que les médias officiels.

Selon ces derniers, elle a expliqué avoir rédigé un rapport d'une page sur la situation à Ispahan et l'avoir transmis à la section culturelle de l'ambassade de France. Elle a dit regretter de telles activités et a présenté ses excuses à la nation iranienne.

UN DÉTENU CRUCIAL

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré à plusieurs reprises que la libération de la jeune Française dépendait du sort d'Iraniens retenus en France.

Le 5 mai, la justice française avait refusé de livrer à Washington un ingénieur iranien, Majid Kakavand, à qui les Etats-Unis reprochent des achats jugés frauduleux de matériels électroniques militaires.

Les Etats-Unis ont exprimé leur "profonde déception" après cette décision et ont annoncé qu'ils ne renonçaient pas à obtenir l'arrestation de l'ingénieur, qui a été remis en liberté et a indiqué vouloir regagner Téhéran.

Il a expliqué aux journalistes que, selon lui, son affaire n'avait rien à voir avec celle de Clotilde Reiss.

Un autre Iranien détenu en France, Ali Vakili Rad, condamné en 1994 à perpétuité pour le meurtre en 1991 de l'ancien Premier ministre du Chah, Chapour Bakhtiar, a formulé une demande de libération conditionnelle.

Le tribunal d'application des peines de Paris a reporté plusieurs fois sa décision sur ce dossier, et avait indiqué qu'il statuerait le 18 mai prochain.

Il avait déclaré dans une décision du 8 mars attendre que le gouvernement français statue en faveur de son éventuelle expulsion administrative vers l'Iran, s'il était libéré.

Prié le 23 septembre dernier de dire s'il accepterait un échange entre Ali Vakili Rad et Clotilde Reiss, le chef de l'Etat Nicolas Sarkozy avait répondu : "Non. C'est du chantage".

Bureau de Téhéran avec Crispian Balmer à Paris; Marine Pennetier, Gérard Bon, Jean-Philippe Lefief et Pascal Liétout pour le service français