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Clotilde Reiss est arrivée en France

L'universitaire française Clotilde Reiss est arrivée dimanche à la mi-journée en France, au lendemain de sa libération par les autorités iraniennes, et s'est aussitôt rendue à l'Elysée pour être reçue par le président Nicolas Sarkozy. /Photo prise le 16 m

L'universitaire française Clotilde Reiss est arrivée dimanche à la mi-journée en France, au lendemain de sa libération par les autorités iraniennes, et s'est aussitôt rendue à l'Elysée pour être reçue par le président Nicolas Sarkozy. /Photo prise le 16 m - -

PARIS - L'universitaire française Clotilde Reiss est arrivée dimanche à la mi-journée en France, au lendemain de sa libération par les autorités...

PARIS (Reuters) - L'universitaire française Clotilde Reiss est arrivée dimanche à la mi-journée en France, au lendemain de sa libération par les autorités iraniennes, et devait être reçue par le président Nicolas Sarkozy.

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a assuré que sa libération n'avait fait l'objet d'aucune contrepartie de la part de Paris, notamment s'agissant du sort de deux Iraniens détenus en France.

L'appareil transportant Clotilde Reiss, un Falcon de la République française en provenance de Dubaï, a atterri peu avant 13h25 (11h25 GMT) sur la base aérienne de Villacoublay, près de Paris, où l'attendaient sa famille et des membres du protocole.

La jeune femme, qui avait quitté Téhéran tôt dimanche matin à bord d'un vol régulier, devait ensuite être reçue par le chef de l'Etat à l'Elysée où est prévue une déclaration publique de sa part.

"Il n'y a eu aucune contrepartie", a assuré Bernard Kouchner dans la cadre du forum de Radio J diffusé dimanche.

La libération de Clotilde Reiss, dont la condamnation pour "espionnage" - deux fois cinq ans de prison - a été commuée samedi en amende, intervient de fait dans une suite de coïncidences judiciaires.

Le 5 mai, la justice française a refusé de livrer à Washington un ingénieur iranien, Majid Kakavand, à qui les Etats-Unis reprochent des achats jugés frauduleux de matériels électroniques militaires. Il a pu regagner l'Iran.

Un autre Iranien détenu en France, Ali Vakili Rad, condamné en 1994 à perpétuité pour le meurtre en 1991 de l'ancien Premier ministre du Chah, Chapour Bakhtiar, a formulé une demande de libération conditionnelle. Le tribunal d'application des peines de Paris, qui a reporté plusieurs fois sa décision sur ce dossier, a indiqué qu'il statuerait mardi prochain.

"Cette succession de décisions judiciaires - et en France, on n'influence pas des décisions des juges - n'a rien à avoir avec un marchandage éventuel, un marchandage allégué, rien à voir", a dit le chef de la diplomatie française.

"AVEUX"

"Il n'y a aucun rapport entre ces deux affaires iraniennes, qui ont été traitées par la justice française, et la libération de notre otage", a-t-il ajouté.

Le 22 septembre dernier, lors d'un entretien sur France 2, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait lié le sort de Clotilde Reiss à la libération d'Iraniens détenus en France.

Le Sénégal a affirmé avoir joué un rôle important de médiation auprès des autorités iraniennes avec l'accord de la France. Le président brésilien, Luis Inacio "Lula" da Silva, se trouvait par ailleurs à Téhéran ce week-end.

Arrêtée en juillet 2009 à Téhéran, Clotilde Reiss, 24 ans, était accusée de participation à un complot occidental visant à déstabiliser le gouvernement iranien après l'élection présidentielle du 12 juin qui a vu la réélection de Mahmoud Ahmadinejad pour un second mandat.

Après avoir passé un mois et demi en prison, elle avait été assignée à résidence à l'ambassade de France à Téhéran.

Il lui était aussi reproché d'avoir envoyé des photos des manifestations et un "rapport" à Paris sur les événements.

Interpellée alors qu'elle se préparait à prendre un avion pour la France, elle avait fait des "aveux" le 9 août lors d'une première audience jugée truquée par Paris, à laquelle seuls les médias officiels avaient été autorisés à assister.

Selon ces derniers, elle avait expliqué avoir rédigé un rapport d'une page sur la situation à Ispahan et l'avoir transmis à la section culturelle de l'ambassade de France. Elle a regretté de telles activités et a présenté ses excuses à la nation iranienne.

C'est "une jeune femme innocente de ce qu'on l'accusait", a répété dimanche Bernard Kouchner.

Le père de Clotilde Reiss, Rémi Reiss, s'est réjoui sur plusieurs médias de ce dénouement heureux.

"On va passer la fin de la journée ensemble. C'est une parenthèse qui se ferme et une vie qui va pouvoir retrouver sa normalité", a-t-il déclaré dimanche sur RTL.

Sophie Louet, Clément Dossin et Jean-Philippe Lefief, avec Antony Paone à Villacoublay et le bureau de Téhéran