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Cinq ans de prison ferme requis contre Toni Musulin

Une peine de cinq ans de prison ferme a été requise mardi contre le convoyeur de fonds Toni Musulin, accusé d'avoir volé les 11,6 millions d'euros qu'il transportait dans son fourgon blindé en novembre dernier. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Une peine de cinq ans de prison ferme a été requise mardi contre le convoyeur de fonds Toni Musulin, accusé d'avoir volé les 11,6 millions d'euros qu'il transportait dans son fourgon blindé en novembre dernier. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau - -

LYON - Une peine de cinq ans de prison ferme a été requise mardi contre le convoyeur de fonds Toni Musulin, accusé d'avoir volé les 11,6 millions...

par Catherine Lagrange

LYON (Reuters) - Une peine de cinq de prison ferme a été requise contre le convoyeur de fonds Toni Musulin, accusé d'avoir volé les 11,6 millions d'euros qu'il transportait dans son fourgon blindé en novembre dernier.

Le procureur de la République Nicolas Hennebelle a ainsi réclamé devant le tribunal correctionnel de Lyon la peine maximale à l'encontre de Toni Musulin, 39 ans, poursuivi pour tentative d'escroquerie et vol.

"Cinq ans, ça correspond au trouble à l'ordre public, à sa personnalité, il a fait son calcul, il a pris ce risque, qu'il assume ce qui est prévu par la loi", a déclaré le magistrat.

En pleine crise bancaire et financière, le vol avait suscité sur internet un engouement pour sa personnalité et la création de cercles d'admirateurs ironiques.

Lors de l'audience, Toni Musulin a dit avoir agi pour dénoncer ses conditions de travail.

"On me présente comme Robin des Bois. Non, je suis normal, j'ai toujours travaillé, je n'ai pas pris de vacances pendant dix ans", a-t-il dit à la barre.

Deux jours après son départ au volant du camion de la société Loomis, la majeure partie du butin, 9,5 millions d'euros, avait été retrouvée par la police dans le box d'une résidence du VIIIe arrondissement de Lyon. On ignore où est le reste. Le convoyeur s'est rendu à la police à Monaco le 16 novembre avant d'être remis aux autorités françaises.

MUSULIN NIE SAVOIR OÙ EST L'ARGENT

Barbe grise, vêtu d'un blouson, Toni Musulin a dit au tribunal avoir agi en raison de problèmes avec son employeur et des brimades qu'il dit avoir subies.

"Ils ne sont pas corrects, comme j'étais célibataire, je ne pouvais pas avoir de vacances pendant l'été, ils ne me payaient pas toutes mes heures, on n'était pas respecté. Je respecte la loi, mais à un moment je suis passé de l'autre côté, à cause de toutes ces injustices", a-t-il déclaré.

Il a assuré qu'il ne savait pas où se trouvait la partie du butin disparue -- 2,1 millions d'euros -- et a suggéré une piste. "Je n'ai pas pris l'argent, c'est pas moi qui ai l'argent. Vous voulez savoir où est l'argent ? Demandez au propriétaire du box, il avait le double des clés", a-t-il dit.

Le procureur de la République a estimé que le convoyeur avait "fait un calcul" et mis l'argent à l'abri pour en profiter une fois sorti de prison.

Toni Musulin a raconté dans le détail, comment, une fois parti au volant du fourgon, il avait transféré dans une fourgonnette, seul, dit-il, les sacs qu'il venait de dérober.

"Je suis parti, j'ai passé le feu rouge et je suis allé dans la rue où j'avais garé la Kangoo. Je me suis stationné à contresens pour que les portes arrière soient face à face et je lance les sacs devant tout le monde", a-t-il expliqué.

Arrivé dans son box, il dit avoir ouvert quelques sacs de billets pour vérifier s'ils étaient marqués ou pas. 'J'ai trouvé que ça faisait beaucoup et je me suis demandé ce que j'allais en faire", a-t-il expliqué.

Réalisant que son forfait suscitait un fort retentissement, il a dit être ensuite parti en Italie pour attendre un répit dans l'affaire, séjournant plusieurs jours à Turin, à Rome, puis Naples.

"J'ai visité, mangé des pâtes, c'était bien, et puis j'ai entendu à la télé qu'il avaient retrouvé l'argent, j'avais un peu les boules, je me suis dit que c'étais raté", a-t-il dit.

Le convoyeur a alors décidé de se rendre à la police. "Je n'avais plus d'argent, ma carte était bloquée, on me cherchait partout, je n'avais pas le choix", a-t-il expliqué.

Édité par Yves Clarisse