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Christine Lagarde confirmée à l'Economie pour le G20 français

Devenue la première femme ministre de l'Economie et des Finances d'un pays du G7 en 2007, Christine Lagarde a été confirmée à Bercy dimanche pour conduire les complexes négociations de la présidence française du G20. /Photo prise le 11 novembre 2010/REUTE

Devenue la première femme ministre de l'Economie et des Finances d'un pays du G7 en 2007, Christine Lagarde a été confirmée à Bercy dimanche pour conduire les complexes négociations de la présidence française du G20. /Photo prise le 11 novembre 2010/REUTE - -

par Jean-Baptiste Vey PARIS (Reuters) - Devenue la première femme ministre de l'Economie et des Finances d'un pays du G7 en 2007, Christine Lagarde...

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Devenue la première femme ministre de l'Economie et des Finances d'un pays du G7 en 2007, Christine Lagarde a été confirmée à Bercy dimanche pour conduire les complexes négociations de la présidence française du G20.

Son anglais parfait, héritage d'une carrière au cabinet Baker & McKenzie à Chicago, fief du président Obama dont elle connaît bien certains collaborateurs, a en rapidement fait la responsable française favorite des médias internationaux.

Cette avocate élégante brille en effet plus sur la scène internationale que nationale, où ses airs bourgeois sont souvent raillés dans les manifestations ou sur les bancs de l'Assemblée.

Outre la langue, Christine Lagarde partage avec les Américains et les Britanniques un goût prononcé pour la libre entreprise, qui tranche parfois avec le dirigisme très français du président Nicolas Sarkozy.

Selon le magazine américain Forbes, elle est la 43e femme la plus puissante du monde, troisième Française derrière la patronne d'Areva Anne Lauvergeon (24e) et l'épouse du chef de l'Etat Carla Bruni-Sarkozy (35e). Le quotidien Financial Times l'a sacrée meilleur ministre des Finances européen en 2009.

En France, elle jouit d'une popularité supérieure à la quasi-totalité des membres du gouvernement sortant, selon les sondages, bien plus forte chez les sympathisants de droite que ceux de gauche.

Certains parmi ces derniers moquent encore son discours rassurant quand la crise a frappé et son antienne d'une France s'en sortant mieux que les autres. Ces paroles jugées lénifiantes ont fait répéter à ses dépens par les députés de gauche la chanson "tout va très bien madame la marquise".

A ces critiques, Christine Lagarde aime répondre: "Entre un optimiste et un pessimiste, il n'y a pas de différence. Ils se trompent tous les deux, mais l'optimiste est plus heureux."

LONGÉVITÉ RECORD

Peu portée sur la 'politique politicienne', elle enchaîne quelques bourdes à ses débuts à Bercy, en promettant la "rigueur" aux Français, un mot tabou dans un pays qui accumule les déficits avec la régularité d'un métronome depuis 1975.

"Bien sûr que nous préparons un plan de rigueur", déclare-t-elle ainsi à la télévision, avant d'être immédiatement contredite par le Premier ministre, François Fillon.

Face à la hausse de prix des carburants, elle suggère ensuite d'utiliser la bicyclette, entraînant une comparaison moqueuse avec la reine Marie-Antoinette prônant la brioche quand le pain manque.

Malgré cela, Christine Lagarde a déjà éclipsé nombre de ses prédécesseurs sous la Ve République en terme de longévité, à l'exception du recordman Valéry Giscard d'Estaing et de Pierre Bérégovoy.

Ancienne championne de natation synchronisée, elle est capable d'enchaîner vols internationaux et réunions sans laisser paraître de fatigue et, lors de nombreuses rencontres avec des responsables politiques ou économiques, elle sait réveiller des auditoires presque 100% masculins par des paroles évocatrices.

Elle aime ainsi rappeler ses "longues nuits Dexia" passées entourée d'hommes "en tout bien tout honneur" pour sauver la banque.

Si Lehman Brothers s'était appelée Lehman Sisters, la banque n'aurait peut-être pas fait faillite, suggère souvent Christine Lagarde, qui apprécie que les femmes, dans les affaires, "injectent moins de libido et de testostérone" que les hommes.

"Ça aide car nous ne projetons pas nécessairement tout notre ego dans le fait de conclure un accord, de convaincre", explique-t-elle sur une chaîne de télévision américaine.

PERCER SON CHEMIN

"Eleanor Roosevelt disait des femmes qu'elles étaient comme des sachets de thé, qu'on savait véritablement ce qu'elles valaient quand on les trempait dans l'eau chaude. Je dois dire que je m'identifie assez bien à cette description !", dit-elle quelques jours avant le remaniement lors de la remise des prix La Tribune Women's Awards.

Née le 1er janvier 1956 à Paris de parents enseignants, Christine Lagarde, mère de deux enfants, quitte Chicago pour entrer dans le gouvernement de Dominique de Villepin en 2005 comme ministre déléguée au Commerce extérieur.

Elle fait un bref passage au ministère de l'Agriculture après l'élection présidentielle de 2007 avant d'être nommée à Bercy en juin de la même année. Elle y côtoie le ministre du Budget Eric Woerth, remplacé en mars 2010 par François Baroin.

Christine Lagarde est diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris, titulaire d'un diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) de droit social et d'une maîtrise d'anglais.

Elle est également diplômée de la Holton Arms School de Bethesda, dans l'Etat américain du Maryland, dont la devise "inveniam viam aut faciam" attribuée à Hannibal est parfois traduite par "je trouverai le chemin ou je le percerai".

Edité par Yves Clarisse