BFMTV

Chômage : l'inversion annoncée ne sera pas au rendez-vous

-

- - -

Les chiffres du chômage sont attendus pour aujourd’hui mais tout le monde sait que l’inversion annoncée par le président Hollande ne sera pas au rendez vous.

La France est dans une situation économique dégradée et le pouvoir ne se serait pas lancé dans le pacte de stabilité s’il avait la conviction que cela va aller mieux rapidement.

Ce n'est pas encore la baisse du chômage

L’Insee parlait à la fin de l’année dernière de "reprise poussive". L’économie française est à la peine. En 2013, nous aurons retrouvé juste le niveau de production de 2008. Dans ces conditions le chômage fin 2013 ne peut pas baisser significativement.

A la fin 2013, le chômage aura continué à augmenter, heureusement légèrement, malgré les annonces du président de la République. Une des raisons de cette augmentation est que la population active, c’est-à-dire le nombre de personnes susceptibles de travailler augmente. En 2014, la population active augmentera de 120 000. Pour inverser réellement la courbe du chômage, il faudrait une croissance de 1,5%, croissance que nous ne retrouverons d’après l’Ocde qu’en 2015.

D’ici là, ce que l’on appelle le secteur marchand ne créera probablement pas d’emplois et la baisse du chômage ne peut reposer que sur l’emploi aidé.

Sommes-nous condamnés à un retour très lent vers le plein emploi ?

Les pays riches comme les Etats-Unis ou l’Europe sont entrés dans une période de faible croissance. Néanmoins, tous ne sont pas logés à la même enseigne. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne ont tous une croissance supérieure à la nôtre. Au Royaume-Uni, le chômage baisse de façon continue. Les analystes disent que cela tient à ce qu’ils sont passés du Welfare state au Workfare state : d’un Etat où l’on vient au secours des chômeurs à un Etat où l’on aide ceux qui travaillent.

Tout le monde suggère à la France de se réformer et de tout faire pour que l’investissement des entreprises redémarre et plus généralement aller dans le sens britannique. François Hollande en a d’ailleurs conscience. C’est la logique de son discours sur le pacte de responsabilité.

Il n’en reste pas moins que l’imprécision et le flou qui entourent ce nouveau dispositif sont inquiétants. Le CICE qui devait pousser les entreprises à embaucher ne créera d’après l’Insee que 60 000 emplois en 2014, pour une dépense de 18 Mds €.

Nous en sommes à un stade où l’accumulation de mesures plus ou moins bricolées devient plus nocive qu’autre chose. Il y a près de 600 000 offres d’emplois non satisfaites, en période de chômage élevé : cela signifie qu’il y a un problème de formation et d’employabilité. Ce qui fait la force des Anglais et explique leur succès en matière de réduction du chômage, c’est qu’ils ont mené des actions cohérentes, axées sur le long terme.

Jean-Marc Daniel