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Centrafrique: la classe politique entre soutien et doutes

François Fillon, en meeting avec Alain Juppé en Gironde, a apporté son soutien à François Hollande.

François Fillon, en meeting avec Alain Juppé en Gironde, a apporté son soutien à François Hollande. - -

François Hollande a annoncé jeudi soir sa décision d'intervenir en Centrafrique. Une décision plutôt bien accueillie par la classe politique, qui émet cependant quelques réserves sur les interventions répétées de la France en Afrique.

"J'ai décidé d'agir immédiatement, c'est-à-dire dès ce soir." François Hollande s'est montré très réactif jeudi soir après l'annonce du Conseil de sécurité de l'ONU, qui a voté pour une intervention française en Centrafrique. Le président a ainsi indiqué qu'il doublerait le nombre de forces françaises en Centrafrique, soit 1.200 soldats français pour appuyer la Misca, la force africaine.

Soutiens politiques à droite

Les premières réactions à cette intervention française ont été favorables. A droite d'abord, par la voix de François Fillon. L'ancien Premier ministre a apporté "son plein et entier soutien à cette intervention française", rappelant que la France était déjà "intervenue seule" en Afrique, au Mali en septembre dernier.

Alain Juppé, également ancien Premier ministre sous Jacques Chirac, a salué "la prise de responsabilité courageuse de la France" mais s'est demandé si "elle en a les moyens."

L'ancienne ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a de son côté exprimé des doutes: "Ce que je crains, c'est que François Hollande n'entre dans une spirale. Est-ce que l'on va intervenir partout? Qu'est-ce que l'on va mettre en place? A-t-on les moyens de le faire alors qu'on baisse les crédits de la Défense, que les moyens militaires sont à bout?", s'est-elle demandé sur BFMTV.

Urgence humanitaire

Pour Bernard Kouchner, l'urgence est avant tout "humanitaire". Sur le plateau de BFMTV, l'ancien ministre des Affaires étrangères a lancé une question en suspens: "Fallait-il les laisser mourir ? A ce stade de l’opération qui est pratiquement humanitaire, il s’agit d’éviter les massacres dont nous sommes les témoins."

Un constat d'urgence que le Front National relie aux "intérêts de la France dans la région". Pour le parti de Marine Le Pen, "la France doit défendre et regagner ses positions dans ce qui représente pour elle une zone d'influence indispensable."

P.G.