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Cambadélis: "Il y a une crise au PS" mais la maison ne brûle pas

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Fracture au PS, "loi travail", le gouvernement est à la peine. Le premier secrétaire du parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis est l'invité de BFM Politique.

La situation du Parti socialiste est critique. Après sa tribune contre la politique de François Hollande, Martine Aubry a annoncé sa volonté de quitter les instances du parti. Une fracture qui pourrait bien déclencher une guerre des courants au sein du parti gouvernemental que dirige Jean-Christophe Cambadélis.

Un PS divisé, mais pas détruit

Le PS est fragilisé. Sur le plateau de BFMTV, Jean-Christophe Cambadélis a commenté les propos de Martine Aubry, qui l'a précédé à la direction de Solférino. Sur ce sujet, le patron du PS a reconnu l'existence d'une "crise" qu'il fallait toute fois "analyser avec la tête froide".

Pour tempérer l'existence de ces tensions, Jean-Christophe Cambadélis a évoqué une "crise de mutation", résultat de plusieurs crises: celle des réfugiés, celle de l'économie mondiale et celle de la questions environnementale.

Martine Aubry ? "Nous avons besoin d'elle"

Reconnaissant les différends qui l'opposent à Martine Aubry, le pensionnaire de la rue de Solférino a toutefois calmé le jeu. "Nous avons des désaccords, nous débattons, et c'est l'histoire de la gauche" a-t-il expliqué. Il a dans le même temps estimé la tribune de la maire de Lille "excessive", expliquant que son rôle était de "faire la synthèse".

"Martine Aubry a tout à fait le droit de quitter les instances du parti socialiste" a admis le patron du PS, ajoutant qu'il espérait "faire en sorte que nous nous retrouvions". "Avec Martine Aubry, ce n'est jamais une question de poste, c'est toujours une question de valeurs, elle est une grande voix des socialistes" a par ailleurs affirmé Jean-Christophe Cambadélis. Un appel du pied à celle qui est sur le point de claquer la porte du parti.

L'hypothèse Hollande en 2017

"Le seul qui peu aujourd'hui prétendre mener la bataille pour l'emporter, c'est François Hollande" a martelé Jean-Christophe Cambadélis. Alors que la possibilité d'une primaire à gauche se précise, le patron du PS a rejeté cette idée si l'actuel président de la République devait s'y soumettre.

"Si vous voulez faire une primaire pour faire monter un Arnaud Montebourg, et bien allez-y" a lancé Jean-Christophe Cambadélis. "Pour le reste, je ne vois qu'un candidat légitime, et c'est François Hollande" a-t-il ajouté.

Jean-Christophe Cambadélis, évoquant la présidentielle de 2017, a rejeté toute idée d'"union nationale" avec François Bayrou ou Alain Juppé. Une idée que Manuel Valls avait évoquée après les attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis.

"Pour l'instant, il faut faire gagner François Hollande, et par ailleurs nos institutions ne sont pas faites" pour supporter ce genre d'alliances selon le député de Paris.

Sur la "loi travail"

"J'ai été le premier à dire que la réforme de Myriam El Khomri était déséquilibrée. Avez-vous entendu un seul autre responsable de gauche le faire ? Non" a affirmé Jean-Christophe Cambadélis. Mais il a annoncé vouloir garder "quelques pépites" de la loi.

"Je suis pour que cette loi évolue" a déclaré le patron du PS expliquant qu'il ne la voterait pas en l'état si elle était soumise au vote des parlementaires. Jean-Christophe Cambadélis a toutefois mis en garde contre "les pétitions". "La discussion au sein d'une fédération, c'est moins simpliste qu'une pétition" a tancé le député socialiste. Une référence directe à la pétition lancée par Caroline de Haas et qui rencontre un énorme succès populaire sur internet.

Paul Aveline