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Bruno Le Roux a menti sur son CV et ce n'est pas un cas isolé

Bruno Le Roux n'est pas, contrairement à ce qu'il indiquait par le passé, diplômé d'HEC et de l'ESSEC. Récemment, plusieurs personnalités politiques ont, comme lui, menti ou entretenu l'ambiguïté sur leur parcours universitaire.

Non, Bruno Le Roux n’a jamais été diplômé ni de HEC, ni de l’ESSEC. Contrairement à ce qu’il avait consigné sur son CV jusqu’à présent, celui qui est depuis peu de jours le ministre de l’Intérieur n’a jamais été élève de l’une ou l’autre de ces grandes écoles de commerce. Certes titulaire d’un DEA en stratégie et management à l’université Paris X, qui dispose d’un partenariat avec ces deux établissements, Bruno Le Roux ne figure pas sur les registres d’anciens de ces prestigieuses institutions.

Le ministère plaide "l'erreur jamais validée" par l'intéressé 

Le ministère de l’Intérieur a dû supprimer en catastrophe les mentions faites sur son site au glorieux passé du nouveau patron après que le site Atlantico a dévoilé ce petit arrangement avec les faits. Le cabinet, aujourd’hui, assure qu’il s’agissait d’une "erreur jamais validée par Bruno Le Roux".

Mais que le nouveau ministre de l'Intérieur se rassure, il n’est pas le seul, parmi ses petits camarades de la classe politique, à avoir indûment étoffé son CV et ce type de mensonges ne semble pas prêter à moult conséquences.

De nombreux précédents ces dix dernières années

Au début de ce quinquennat, Christiane Taubira, alors ministre de la Justice, avait laissé planer le doute autour de son obtention de deux doctorats, l’un en économie, l’autre en ethnologie. Il faut noter qu'elle n'avait cependant pas personnellement réclamé ces titres. Jean-Christophe Cambadélis, en 2014, a été accusé d’avoir obtenu un doctorat de sociologie alors même qu’il ne disposait pas des diplômes antérieurs, prérequis normalement indispensables à la soutenance d’une thèse.

Sous le mandat précédent, Rachida Dati, alors Garde des Sceaux, avait connu la même mésaventure médiatique. Le Canard enchaîné avait en effet révélé en 2007 que, pour pouvoir intégrer l’Ecole de la magistrature, elle avait prétendu avoir décroché un diplôme de l’Institut supérieur des affaires, ce qui était erroné.

Son patron aurait cependant eu tort de lui taper sur les doigts car Nicolas Sarkozy, dont elle est l’une des plus ferventes partisanes, n’a pas hésité non plus par le passé à en rajouter sur ses réussites universitaires. En 2013, il est présenté à une conférence à Montréal comme ayant "terminé avec distinction ses études universitaires de premier cycle en science politique à l’Institut d’études politiques de Paris". Problème, s’il a bien étudié à Sciences-Po Paris, il n’a jamais eu son diplôme, encore moins avec "distinction".

R.V.