BFMTV

Bonus-malus : bisbille entre Borloo et l’UMP

-

- - -

Les annonces de taxes écologiques, vraies ou fausses, sont au cœur des tensions entre Jean-Louis Borloo et les députés UMP.

Ras-le-bol dans la majorité. A l'UMP, l'accumulation de taxes annoncées par le gouvernement commence à sérieusement agacer de nombreux parlementaires. Principale cible, le bonus malus du ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, dont l'extension aux produits de grande consommation est mal vécue par ces parlementaires. Autre sujet d'inquiétude, la taxe pique-nique sur les produits en plastique. Mercredi, le ministre de l'Environnement a démenti tout projet de bonus-malus sur les factures d'électricité, projet annoncé le matin même dans Le Parisien. Ce matin sur RMC, Marc Lomazzi, journaliste au service Economie du Parisien, qui a sorti l'info, s'est justifié : « Je ne dis pas que le bonus-malus sur les factures d'électricité est acté. Je dis que c'est une piste de réflexion. Mais vu le mécontentement actuel des députés UMP lorsque l'on évoque une nouvelle fiscalité écologique, mon papier n'a vraiment pas plu au cabinet de Borloo. » Le quotidien a par ailleurs maintenu ses informations, malgré les démentis de Jean-Louis Borloo et d'EDF.

Des députés UMP « effarés »

Les annonces et les rumeurs de taxes contradictoires se multiplient ces derniers jours. La liste des produits potentiellement concerné par le bonus-malus ne cesse de s'allonger et Jean-Louis Borloo est dans le viseur des parlementaires à mesure que les consommateurs s'inquiètent pour leur pouvoir d'achat.

Ainsi, Pierre Méhaignerie, député UMP d'Ile et Vilaine et président de la Commission des affaires sociales à l'Assemblée Nationale, en a marre des annonces de nouvelles taxes écologiques : « Il faut s'arrêter. La multiplication des bonus et des malus agace, donc il va falloir se concentrer sur 2 ou 3 points, et pas sur 25. Nous avons diminué les taxes l'année dernière, il ne faudrait pas les multiplier cette année. On a dit qu'on était tout à fait d'accord au niveau de la solidarité, mais attention avec le bonus-malus, point trop n'en faut ! Concentrons-nous sur deux ou trois points, par exemple sur l'énergie dans les bâtiments ou sur les transports. Mais dans une situation où les entreprises vont avoir peut-être quelques difficultés cette année, ne chargeons pas la barque. »

Lionel Luca, député UMP des Alpes-Maritimes, relaie lui aussi la grogne de ses confrères : « Nous sommes un petit peu surpris de cette avalanche de bonus-malus, de taxe pique-nique, pouic-pouic ou plif-plof. On est un petit peu effarés. On ne conteste pas le principe de vouloir changer les comportements, changer les logiques en particulier des industriels, mais on a l'impression d'une fiscalité tout azimut et je pense que nos concitoyens vont le prendre aussi de cette manière. Il faut très vite qu'on clarifie avec le ministre cet aspect des choses, parce que ça ne sera pas supportable. »

Mea culpa de Borloo, soutenu par les radicaux

Cible de toutes les critiques de la part des députés de la majorité, Jean-Louis Borloo, ministre de l'Environnement et du Développement Durable, a fait son mea culpa : « Quand vous êtes mal compris, c'est que vous vous êtes mal expliqué. Si Bernard Accoyer, quand il ouvre le journal le matin, voit tous les matins une fausse information qui fait croire qu'on est en train de révolutionner toute l'économie française, je comprends qu'il s'inquiète un peu. J'écoute les radios et on a l'impression qu'on va faire du bonus partout, sur tout, tout le temps. Ce n'est évidemment pas ça. On a fait une expérimentation sur une famille de produits, on l'évalue, on regarde tranquillement, il y aura évaluation et étude d'impact avant toute autre extension. C'est relativement simple. »

Du côté du Parti Radical, qu'il préside, Jean-Louis Borloo a pu trouver le soutien de Serge Lepeltier. Maire de Bourges et ancien ministre de l'Ecologie, le vice-président du Parti Radical a défendu ce matin sur RMC la fiscalité écologique : « Il ne faut pas en parler avant de la mettre en place, car cela risque toujours de perturber le marché. Mais l'idée d'élargir le bonus-malus à d'autres produits que l'automobile est acquise. Ce qu'il faut bien voir dans le bonus-malus, c'est que ce n'est pas une charge supplémentaire. Il s'agit de faire en sorte que les consommateurs aillent vers les produits les moins polluants. »

« Aujourd'hui, dans notre économie de marché, le seul critère de choix pour les consommateurs, c'est le prix. Le prix aujourd'hui fait que les produits propres sont en moyenne 15% plus chers que les produits polluants. Donc l'idée du bonus-malus, ce n'est pas une taxe supplémentaire parce que c'est à effet neutre : le bonus doit être compensé par le malus ».

La rédaction et Fabien Crombé