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"Bonne nouvelle", "précipitation": la droite mitigée sur la candidature de Juppé

Le maire UMP de Bordeaux Alain Juppé et le président du MoDem François Bayrou, tous deux originaires de la région Aquitaine, ici à Saint-Léon-sur-Vézère, en Dordogne, le 10 novembre 2013.

Le maire UMP de Bordeaux Alain Juppé et le président du MoDem François Bayrou, tous deux originaires de la région Aquitaine, ici à Saint-Léon-sur-Vézère, en Dordogne, le 10 novembre 2013. - Yohan Bonnet - AFP

La candidature d'Alain Juppé, saluée au centre-droit, est toutefois jugée prématurée par le camp Sarkozy, qu'il prend de court dans son annonce.

"J'ai décidé d'être candidat, le moment venu, aux primaires de l'avenir..." L'annonce d'Alain Juppé, ce mercredi matin sur son blog, n'est pas une surprise: le maire UMP de Bordeaux ne fait que confirmer sa candidature, très attendue par certains, aux primaires de la droite pour 2017. Le calendrier, toutefois, peut surprendre: il prend ainsi de vitesse Nicolas Sarkozy, et cette précipitation à de quoi en agacer d'autres.

Une candidature "légitime"

"C'est une bonne nouvelle pour notre famille politique", s'est réjoui sur BFMTV Benoist Apparu, député-maire UMP de Châlons-sur-Marne. "Alain Juppé a beaucoup de choses à dire et à faire pour le pays, et c'est une bonne chose pour préparer l'alternance". Le sénateur UMP de Seine-et-Marne Roger Karoutchi a lui aussi salué la candidature "légitime" d'un homme "de qualité".

Celui que Jacques Chirac appelait "le meilleur d'entre nous" offre en effet une image de candidat rassembleur, capable de rallier jusqu'au centre. "Alain Juppé est l'homme le plus populaire parmi les sympathisants de droite", note Thierry Arnaud, chef du service politique de BFMTV.

En témoigne la réaction du président du MoDem François Bayrou, qui n'a pas caché son admiration pour l'homme ce mercredi matin. "J'ai pour Alain Juppé beaucoup d'estime. C'est quelqu'un que je trouve solide, courageux, respectable", a-t-il déclaré sur l'antenne d'Europe 1. De là à ce qu'il lui apporte son soutien, il n'y a qu'un pas: "Il peut faire du bien au pays, et j'espère qu'il le fasse", a-t-il affirmé.

"Respecter les étapes"

A l'inverse, les soutiens de Nicolas Sarkozy ne partagent pas la même analyse. "Il est important de respecter les étapes", a ainsi jugé le député Hervé Mariton, qui estime la candidature d'Alain Juppé prématurée. "Nous avons d'abord l'élection à la présidence de l'UMP. Il faut d'abord remettre de l'ordre dans la maison. Le choix des hommes viendra après."

"La stratégie de Nicolas Sarkozy pourrait être de mettre fin à l'UMP début 2017 et de créer un nouveau parti qui rendrait caducs les statuts de l'UMP", analyse Thierry Arnaud. Et d'ainsi éviter des primaires ouvertes, plus favorables à Alain Juppé.

M. T.