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Bars fermés mais métros bondés à Paris: pour Olivier Véran, "les transports sont indispensables"

Pour le ministre de la Santé, la question de l'ouverture des bars "pose plus de difficultés" que les transports en commun, qui sont "indispensables pour la vie économique et la vie sociale".

Les bars sont fermés mais le métro, bondé, reste ouvert. Des images des métros surchargés de voyageurs dans la capitale, en pleine crise sanitaire, ont été pointées du doigt cette semaine, et mises en parallèle avec les restrictions imposées aux restaurants, et la fermeture des bars. Le ministre de la Santé Olivier Véran a été interrogé ce jeudi, lors de son point hebdomadaire, sur la différence de traitement entre ces différents lieux qui voient passer beaucoup de public.

"Les transports en commun, c'est le moyen d'aller au travail, le moyen souvent d'emmener ses enfants à l'école, d'aller étudier à l'université. Les transports sont indispensables pour la vie économique et la vie sociale de notre pays", a répondu Olivier Véran.

Une politique de "réduction des risques"

"Le risque zéro ne peut pas exister dans les transports", a toutefois déclaré le ministre, ne niant pas les possibles contaminations qui peuvent s'y faire. Mais selon ses explications, le gouvernement applique actuellement une politique de "réduction des risques".

"La réduction des risques ça veut dire, sans supprimer les transports, faire en sorte qu'en respectant les gestes barrières, en utilisant du gel hydroalcoolique, en gardant le masque en toutes circonstances, en faisant attention, on prend les transports en commun", déclare-t-il.

Confronté aux images du métro bondé, le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari a défendu mardi sur RMC un protocole "solide" dans les transports en commun.

"La question des bars pose plus de difficultés"

"À coté de cela, la question des bars, hélas, pose plus de difficultés", déclare Olivier Véran. "Des études montrent, c'est attesté, qu'il y a des lieux de contamination, et les lieux de contamination d'aujourd'hui sont les malades dans les hôpitaux dans trois semaines".

Il existe en réalité assez peu de littérature scientifique sur la propagation du coronavirus dans les bars et restaurants. "Les bars et restaurants ont été identifiés comme des lieux de contamination même si des données restent rares", écrivait d'ailleurs le ministère de la Santé dans une note datée du 22 septembre.

Face aux restrictions imposées, des restaurateurs ont plusieurs fois assuré de leur côté respecter les règles de distanciation sociale et les gestes barrières dans leurs établissements.

Mais "il y a des situations qui hélas présentent des risques, et il est très compliqué d'isoler le petit café où on va être chacun à la table avec des distances respectables, et les bars qui à partir d'une certaine heure, notamment du soir et de la nuit, se remplissent sans respect des distances", explique le ministre, "c'est là aussi qu'on enregistre beaucoup de contaminations".
Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV