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"Au tableau": quand Castaner explique aux enfants comment s'utilise un LBD

Christophe Castaner explique comment s'utiliser un LBD.

Christophe Castaner explique comment s'utiliser un LBD. - Capture d'écran C8

Face aux élèves d'Au tableau, une émission de C8, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a dû faire une démonstration sur le bon usage des lanceurs de balles de défense (LBD), dont l’utilisation est décriée durant les manifestations des gilets jaunes.

"Sur ce schéma, vous devez nous montrer les endroits où les policiers ont le droit de tirer avec le flashball." Au tableau d'une classe de primaire pour une émission de la chaîne C8 diffusée mercredi soir, le ministre de l'Intérieur joue les instituteurs et teste ses capacités pédagogique le sur "LBD", corrige-t-il l'enfant qui lui en a fait la demande.

"Je ne suis pas un spécialiste"

"Je ne suis pas un spécialiste", commence-t-il. En émettant beaucoup de réserve, Christophe Castaner explique que, lors des manifestations, les policiers peuvent utiliser leur lanceur de balle de défense en tirant sur les bras "je crois", sur - "je ne suis pas tout à fait sûr - le ventre et les membres inférieurs.

Les policiers "doivent absolument éviter la tête", précise-t-il ajoutant qu'une dizaine de tirs ont "par accident" touché le visage de manifestants. "Là cette arme est dangereuse. Elle est puissante, elle est faite pour empêcher quelqu'un d'être violent avec les policiers." Cette séquence éducative a créé des réactions en chaîne sur les réseaux sociaux.

Une arme qui fait débat

Ces dernières semaines, l'utilisation des LBD a été vivement critiquée. La Ligue des droits de l'Homme (LDH) a demandé à plusieurs reprises l'interdiction de cette arme dite de "force intermédiaire", à l'origine de nombreuses blessures graves lors des manifestations de gilets jaunes et utilisée plus de 9200 fois depuis le début du mouvement de contestation sociale mi-novembre.

Après une première requête dont elle a été déboutée, la Ligue des droits de l'Homme (LDH) a de nouveau saisi le Conseil d'Etat d'un "recours en annulation contre les décisions par lesquelles le ministre de l'Intérieur et les directeurs généraux de la police et de la gendarmerie nationales ont refusé de suspendre l'usage du LBD 40 lors des manifestations", a fait savoir son avocat, Patrice Spinosi.

La LDH a également déposé, à l'appui de ce recours, une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) qui "critique l'insuffisance et l'inadéquation de l'encadrement légal du recours, par les forces de l'ordre, à des armes telles que le LBD 40 lors de manifestations". Le Conseil d'Etat a trois mois pour se prononcer sur la QPC et pourrait - ou pas - décider d'examiner en même temps le recours.

Ambre Lepoivre