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Arnaud Montebourg à Manuel Valls: "Tu vas couler comme Hollande!"

Manuel Valls et Arnaud Montebourg en 2012

Manuel Valls et Arnaud Montebourg en 2012 - Philippe Desmazes - AFP

Le remaniement du gouvernement a durci les propos entre le Premier ministre Manuel Valls et le ministre de l'Economie démissionnaire Arnaud Montebourg lundi en attendant la nouvelle équipe. Les coulisses d'une séparation sous tension.

Manuel Valls a mis la pression au chef de l’Etat pour obtenir la tête de son ministre de l’Economie Arnaud Montebourg. "C’est lui ou moi", a asséné le Premier ministre au président de la République, avant de lancer, lundi, un remaniement de son gouvernement.

La rencontre organisée ensuite à Matignon entre Manuel Valls et son ministre Arnaud Montebourg, les deux ambitieux du PS ,a tourné court, selon les informations obtenues par BFMTV. Le ton s’est durci entre les deux hommes qui s'affichaient, quelques semaines auparavant, unis et rigolards... face à Jean-Marc Ayrault.

Arnaud Montebourg, après de sa prestation au 20 heures de TF1, a raconté la scène et confié à ses proches avoir asséné à Manuel Valls, son ancien allié: "tu vas couler comme Hollande!" 

"Détermination"

Ensuite, sur les plateaux de télévision, la frange sortante du gouvernement - Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti - a distillé ses éléments de langage. Ainsi, Manuel Valls aurait eu une "réaction disproportionnée". Manuel Valls n’aurait en cette rentrée politique "que son autorité" à protéger, faute de résultats probants.

Toujours est-il que Valls I aura été l'un des gouvernements de la Ve République à la vie la plus courte, exception faite de ceux formés entre des élections présidentielle et législative. Ni Manuel Valls ni François Hollande ne se sont encore exprimés sur la crise au sommet de l'Etat, aussi violente que soudaine. Mais l’Elysée, comme Matignon, assure de sa grande "détermination".

Valls "conscient des difficultés"

Le Premier ministre a passé la nuit dans son bureau pour avancer au maximum sur sa future équipe gouvernementale où les radicaux pourraient hériter d’un ministère majeur. A l’inverse les écologistes (sauf Jean-Vincent Placé?) comme les centristes – François Bayrou notamment – n’en feront pas partis. Lundi, François Hollande a assumé son agenda et n’a contacté aucun sortant.

En rentrant des commémorations de la Libération de Paris, le chef de l’Etat a appelé Manuel Valls qu'il avait quitté à 19h30 par une poignée de mains sur le perron de l'Elysée. Les deux hommes ont affiné les contours du futur gouvernement: cohérence et efficacité. Ils doivent déjeuner ensemble comme à l’habitude ce mardi à 13, mais dans l’entourage du Premier ministre on se veut rassurant. Manuel Valls est "conscient des enjeux et des difficultés. Sa volonté réformatrice est en acier trempé". Un alliage salvateur pour encaisser les coups à venir.

Samuel Auffray avec le service politique de BFMTV