BFMTV

Aquilino Morelle nie avoir parlé de "purification ethnique"

Aquilino Morelle à l'Elysée le 18 avril 2014.

Aquilino Morelle à l'Elysée le 18 avril 2014. - Jacques Demarthon - AFP

L'ancien conseiller en communication du président, Aquilino Morelle, s'insurge contre les propos que lui prête une journaliste du Point sur la "purification ethnique" dont il aurait été victime.

Aquilino Morelle est en colère. L'ancien conseiller en communication de François Hollande, forcé de démissionner le 16 avril, s'insurge contre les propos que lui prête une journaliste du Point. "Je n'ai jamais donné d'interview au Point", confie-t-il à BFMTV. "Les propos qui me sont donnés sont de la responsabilité de la journaliste", ajoute-t-il.

L'article de l'hebdomadaire évoquait des propos très forts d'Aquilino Morelle, qui parlait avec rancœur de "sa liquidation par la tcheka hollandienne le 16 avril". 

Selon l'hebdomadaire, il accuse le chef de l'Etat d'avoir effectué une "purification ethnique" au sein du gouvernement, évoquant "les Hutus et les Tutsis".

"Merkel va nous traiter comme des laquais"

Il remet également en cause, toujours selon Le Point, la nomination d'Emmanuel Macron au ministère de l'Economie. Ce choix ferait "passer d'un ministre volontariste à un ministre libéral". "Merkel va nous traiter comme on le mérite. Comme des laquais", aurait également déclaré l'ancien conseiller.

Une révélation qui tombe au plus mal pour l'exécutif, une semaine après la parution du livre de l'ex-compagne de François Hollande, Valérie Trierweiler.

Sapin fustige "l'impudeur" de Morelle

Aquilino Morelle avait dû démissionner après une enquête de Mediapart l'accusant d'avoir travaillé avec des laboratoires pharmaceutiques alors qu'il était inspecteur à l'Igas (inspection générale des affaires sociales).

Ces propos très durs rapportés par Le Point ne devraient pas plaire à François Hollande. Michel Sapin, ministre des Finances, a d'ailleurs réagi fermement jeudi matin, dénonçant sur France Info "l'impudeur" d'Aquilino Morelle. "Le mieux qui pourrait lui arriver, c'est de garder le silence", a répliqué sèchement le ministre. Le chef de file des députés PS, Bruno Le Roux, a dit ne pas comprendre "ce manque de pudeur". Aquilino Morelle "devrait avoir au moins le respect des fonctions qu'il a eues".

La "fourberie" de la journaliste

L'ancien conseiller du chef de l'Etat estime avoir été piégé par la journaliste du Point (par ailleurs éditorialiste à BFMTV). Elle "voulait me revoir à titre amical et m'a extorqué des pseudos confessions. Elle ne manque pas de fourberie, cette jeune femme", a-t-il lancé sur Europe 1.

Ce à quoi Etienne Gernelle, directeur du Point, a répondu : "Je confirme qu'il y a bien eu entretien, il n'y a pas d'ambiguïté là-dessus. (...) Anna Cabana est une très grande professionnelle, et il le sait." Nier avoir donné une interview, "c'est un grand classique quand des gens disent des choses qui les mettent dans l'embarras", selon le responsable.

Aquilino Morelle semble avoir des choses à dire. Selon Europe 1, il prépare – lui aussi – un livre qui risque de ne pas être tendre envers le chef de l'Etat. En attendant, selon nos informations, il s'apprête à retrouver l'Igas, où il devrait redevenir inspecteur la semaine prochaine.

A. K.