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Apparu : «Il y a eu concertation, il n’y aura pas négociation»

Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au Logement

Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au Logement - -

Ferme face à la colère des habitants des « zones noires », le secrétaire d’Etat au Logement, Benoist Apparu, tente de défendre l’action du gouvernement.

Benoist Apparu, secrétaire d’Etat au Logement, est intervenu ce matin chez Jean-Jacques Bourdin pour répondre à la colère des sinistrés de la tempête Xynthia et expliquer l’action du gouvernement.

« N’accusons pas les services de l’Etat »

Aux sinistrés qui ne comprennent pas la décision prise par le gouvernement et les préfets, Benoist Apparu répond : « On va vous accompagner, on va vous aider et on prendra tout en charge pour que ce déménagement (…) n’ait pas de conséquences financières pour vous. On ne laissera pas tomber les gens. C’est (...) le message que je veux faire passer. Et je voudrais en passer un deuxième, beaucoup plus important. N’oublions pas une chose : il y a quelques semaines, sur la même antenne, on déplorait tous 53 morts. (…) On a tous vécu une émotion très forte il y a quelques semaines. Objectivement, nous n’avions pas anticipé ce risque et ce type de risque-là sur les zones en question. (…) Maintenant il faut quand même qu’on en tire les conséquences. Oui, il y a un avant et un après tempête. (…) La justice est saisie et elle se prononcera sur les responsabilités diverses et variées. Ce sera fait, donc aujourd’hui n’accusons pas à tort telle ou telle personne et pas en tout cas les services de l’Etat. »

« Habitants et collectivités locales, responsables du non entretien des digues »

Quant à la solution « tout digue » préconisée par certains, elle n’est pas la meilleure, selon le secrétaire d'Etat au Logement, qui là encore, insiste : la responsabilité est collective. « On va faire un plan digue, qui va nous coûter 400 à 500 millions d’euros. Mais je voudrais rappeler que ce n’est pas l’Etat qui est propriétaire des digues en question. Il est propriétaire d’une partie des digues, mais ce sont souvent les habitants qui sont propriétaires des digues et qui ne les ont pas entretenues. Ce sont les collectivités locales qui sont (…) propriétaires d’une partie des digues et qui ne les ont pas entretenues. Et c’est également l’Etat qui est propriétaire d’une partie des digues et qui ne les a pas suffisamment entretenues. Il y a de ce point de vue là une irresponsabilité (…) partagée. »

« Ce sont les digues qui ont tué les gens »

« Il y a eu concertation, il n’y aura pas de négociations »

Revenant sur le processus suivi pour délimiter les zones noires, Benoist Apparu souligne l’intransigeance de l’Etat en la matière : Entre les services de l’Etat, les préfets et le gouvernement, « il y avait une conférence téléphonique tous les soirs pour (…) regarder village par village et carte par carte ce que l’on faisait. Bien évidemment (…) les préfets ont consulté sur place. Ils ont rencontré les maires. Ils en ont discuté avec eux. Ils ont discuté avec les parlementaires, avec les élus pour regarder effectivement là où il y avait un vrai danger. On ne prend pas un stylo sur une carte en disant "boom, on tire un trait comme ça". Evidemment qu’il faut se concerter sur place avec les gens. Mais à partir du moment où effectivement on décide (…) la décision devient intangible. Il n’y aura pas de négociation. Il y a eu concertation. Maintenant le gouvernement, les préfets, prennent leurs responsabilités, assument des décisions, jusqu’au bout.

Nous avons deux types de zones. Des zones noires, interdites. Des zones dites jaunes, sur lesquelles on va avoir des prescriptions particulières en matière de construction de l’habitat (…) et puis il y a encore, sur quatre communes, quelques interrogations. Une mission technique est sur place à partir de ce [vendredi] matin sur les 4 villages en question, pour essayer de préciser les choses, parce qu’il y a là-bas, la possibilité de protéger et d’éviter la destruction.
Parce que, là encore, ça ne nous amuse pas de dire que 1515 maisons ne seront plus habitables. On essaie effectivement de trouver le bon équilibre entre la protection de la vie des gens, de leur maison, de leur habitat, de ce qu’ils ont mis du temps à construire. On peut peut-être trouver le bon équilibre, mais avec un principe : on ne transige pas, dès lors qu’il y a un risque de vie ou de mort. »