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Antiterrorisme: un député UMP appelle à "s'asseoir sur les libertés individuelles"

"Asseyez-vous de temps en temps sur les libertés individuelles", a lancé le député UMP Alain Marsaud.

"Asseyez-vous de temps en temps sur les libertés individuelles", a lancé le député UMP Alain Marsaud. - Assemblée natioanle

Au moment même où la France s'implique dans une coalition contre l'Etat islamique, un projet de loi antiterroriste est examiné à l'Assemblée nationale. La question des libertés individuelles est au cœur des débats.

Les députés ont entamé lundi l'examen d'un projet de loi renforçant l'arsenal antiterroriste, afin notamment d'empêcher les départs en Syrie de candidats au jihad dont les autorités craignent qu'ils ne commettent des attentats à leur retour en France, à l'instar de Mehdi Nemmouche.

Au moment même où la France s'implique dans une coalition contre l'Etat islamique, le texte, qui veut s'attaquer également au "cyberjihadisme", devrait faire l'objet d'un vote consensuel à l'issue des débats, probablement mercredi.

Hors de l'hémicycle en revanche, des organisations, comme le Syndicat de la Magistrature (SM) ou Reporters sans Frontières dénoncent des "atteintes aux libertés publiques" par des "mesures dérogatoires" au droit commun.

Un texte "protecteur des libertés publiques", assure Cazeneuve

Un point sur lequel est revenu largement le ministre de l'Intérieur, lundi à l'Assemblée. Bernard Cazeneuve a insisté sur le fait que ce texte était "protecteur des libertés publiques fondamentales", comme la liberté d'expression ou celle d'aller et venir.

La question des libertés a particulièrement intéressé le député UMP Alain Marsaud. L'ancien juge antiterroriste estime en effet le projet de loi "très largement insuffisant". "Asseyez-vous de temps en temps sur les libertés individuelles", a lancé l'élu des Français de l'étranger sous le regard interloqué de ses collègues. Aucun applaudissement n'a ponctué son allocution. "Que voulez-vous, on n'est pas prophète dans son pays", a-t-il commenté.

Alain Marsaud n'en n'est pas à sa première provocation sur le sujet. Il avait suscité l'indignation en mai dernier en affirmant que le voyage en Syrie de la famille Merah était financé par les aides socialistes et proposait que la bêtise et la lâcheté soit un "délit punissable".

Karine Lambin