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Alain Juppé à l'Onu pour emporter la décision sur la Libye

Alain Juppé se rend ce jeudi à New York pour tenter d'arracher le vote d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies sur la Libye qui permettrait d'arrêter l'offensive de Mouammar Kadhafi. /Photo prise le 16 mars 2011/REUTERS/Gonzalo Fuentes

Alain Juppé se rend ce jeudi à New York pour tenter d'arracher le vote d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies sur la Libye qui permettrait d'arrêter l'offensive de Mouammar Kadhafi. /Photo prise le 16 mars 2011/REUTERS/Gonzalo Fuentes - -

PARIS (Reuters) - Alain Juppé se rend ce jeudi à New York pour tenter d'arracher le vote d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies...

PARIS (Reuters) - Alain Juppé se rend ce jeudi à New York pour tenter d'arracher le vote d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies sur la Libye qui permettrait d'arrêter l'offensive de Mouammar Kadhafi.

Le ministre français des Affaires étrangères entend ainsi faire pression sur les grandes puissances qui, comme la Russie, restent réticentes à l'idée d'autoriser une intervention de type militaire en Libye, dont une zone d'exclusion aérienne.

"La France, avec ses partenaires britanniques et libanais, a déposé une résolution au Conseil de sécurité qui élargit le champ des sanctions et ouvre la voie à une utilisation des moyens nécessaires pour stopper l'offensive de Kadhafi", annonce le ministère français des Affaires étrangères.

Ce dernier rappelle que l'arrêt des violences est un "enjeu prioritaire" pour la France alors que les forces fidèles au dirigeant libyen sont en passe de reconquérir le pays et notamment la ville de Benghazi, fief de la rébellion.

Le chef de la diplomatie française souligne que "l'intervention de la France ne peut se faire sans un mandat du Conseil de sécurité des Nations unies, avec le soutien et la participation active des pays arabes".

Le ministère des Affaires étrangères se dit d'ailleurs optimiste sur ce dernier point, puisque "plusieurs pays arabes ont assuré qu'ils participeraient à des interventions" si les Nations unies donnaient leur feu vert.

Alain Juppé met ainsi tout son poids dans la balance au Conseil de sécurité, comme l'un de ses prédécesseurs, Dominique de Villepin, l'avait fait en 2003 à New York sur l'Irak.

FRAPPES CIBLÉES

Mais cette fois-ci, il s'agit d'autoriser une intervention de type militaire dans un pays arabe alors que Dominique de Villepin, dans un discours resté célèbre, avait exhorté l'Onu à refuser son accord à l'invasion américaine en Irak.

La France, qui a reconnu avoir tardé à prendre la mesure du soulèvement populaire en Tunisie, entend ainsi prendre les devants en Libye pour empêcher l'écrasement de la rébellion.

Nicolas Sarkozy a appelé mercredi le Conseil de sécurité de l'Onu à prendre ses responsabilités en imposant "sans délai" une zone d'exclusion aérienne en Libye pour mettre fin aux "actions meurtrières" de Mouammar Kadhafi.

"Il est plus que temps pour la communauté internationale, à travers le Conseil de sécurité, de se rassembler pour tirer les conséquences de cette situation et répondre sans délai à l'appel pressant de la Ligue des États arabes", a-t-il déclaré dans une lettre aux dirigeants des 15 pays membres.

Sans attendre la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne, Paris prône des frappes ciblées destinées à clouer au sol l'aviation libyenne, réduite à 17 appareils de combat et des hélicoptères selon des députés de la majorité.

François Zimeray, ambassadeur de France pour les droits de l'homme, a déclaré jeudi à Reuters que l'implication de la France pour la protection des civils libyens était "totale".

"Nous ne pouvons pas laisser des civils se faire massacrer comme cela. La France prendra toute sa responsabilité", a-t-il dit. "Nous nous sommes battus pour faire inscrire dans le droit international la responsabilité de protéger et c'est cela aussi que nous allons défendre à New York. Pour nous, ce ne sont pas des mots, ce doit être une réalité."

L'approbation de la résolution franco-britannico-libanaise par le Conseil de sécurité des Nations unies n'est toutefois pas acquise, même si les autorités françaises espèrent que les plus réticents se contenteront de s'abstenir lors du vote.

Les ministres des Affaires étrangères du G8 réunis mardi à Paris ne sont pas parvenus à un accord sur l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye, qui a été jugée avec circonspection par Moscou.

Les Etats-Unis, la Russie, la Chine, l'Allemagne, l'Inde et d'autres membres du Conseil de sécurité sont jusqu'à présent indécis ou formulent des doutes quant à la proposition d'imposer une zone d'exclusion aérienne en Libye.

Emmanuel Jarry et Yves Clarisse, édité par Gilles Trequesser