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Affrontements du Trocadéro : « Valls doit en rendre compte à l’Assemblée nationale », demande Copé

Jean-François Copé dénonce « de l'amateurisme », une « faillite dans l'aptitude au commandement ».

Jean-François Copé dénonce « de l'amateurisme », une « faillite dans l'aptitude au commandement ». - -

Les affrontements et les débordements autour de la place du Trocadéro lundi soir, lors de la remise du trophée de Champion de France au PSG, ont été largement commentés. La gauche pointe du doigt le club, la droite demande « des sanctions » sans délai et des explications au ministre de l’Intérieur.

Après les affrontements dans la rue, entre hooligans et forces de l’ordre, les affrontements dans les médias, entre gauche et droite. Les échauffourées qui ont accompagné la remise du trophée du Championnat de France au PSG place du Trocadéro, à Paris, ont fait réagir dans la classe politique. Beaucoup se demandent quelles sont les responsabilités de chacun et pointent du doigt le préfet de police de Paris et le ministre de l’intérieur Manuel Valls, mais d’autres vont plus loin.

« De l’amateurisme »

Jean-François Copé veut que les responsables soient sanctionnés. Ce mardi matin, le président de l'UMP a demandé le départ du préfet de police de Paris, Bernard Boucault, qui « a failli à sa mission » selon lui. Dans une déclaration à la presse, le député-maire de Meaux a dénoncé « de l'amateurisme », une « faillite dans l'aptitude au commandement ». « Je ne vois pas comment le préfet de police peut être maintenu dans ses fonctions », a-t-il dit, demandant au ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, de « prendre ses responsabilités ». « Comment a-t-on pu à ce point sous-estimer l'ampleur de cet mouvement de casseurs au point d'avoir un effectif de police aussi limité ? Tout cela est tout simplement inacceptable », a-t-il dit. « Il appartient à Manuel Valls d'en rendre compte à l'Assemblée nationale, au président de la République d'en tirer un certain nombre de conséquences ».

« Les questions sont innombrables »

Pour le leader de l’opposition, les débordements étaient « d'autant plus inacceptables » qu'il y avait déjà eu « de premiers dérapages dans la nuit ». « Les questions sont innombrables et il faudra que le ministre de l'Intérieur y réponde », affirme Jean-François Copé, qui fait la liste : « échafaudage à disposition de ces casseurs », effectifs de police « insuffisants », etc.
Le président de l’UMP oppose une « réalité de terrain de pire en pire » et un ministre qui « agite les bras, donne de la voix lorsqu'il se déplace avec les caméras » et évoque « le contraste, qui n'a échappé à personne, entre les moyens si limités hier de la police et la mobilisation considérable pour la manifestation contre le mariage pour tous en mars ».

« Sanctionner sans délai »

Sur son compte Twitter, le rival de Jean-François Copé, François Fillon, a demandé à François Hollande de « sanctionner sans délai les responsables du fiasco » de la veille. « Je demande que les casseurs soient identifiés et déférés dans les plus brefs délais devant la justice », a insisté dans un autre tweet François Fillon, avant de conclure dans un troisième : « J'apporte mon plein et entier soutien aux forces de l'ordre qui travaillent dans des conditions de plus en plus difficiles ».

« Une connexion entre les anti mariage pour tous et les hooligans »

A gauche, Jean-Christophe Cambadélis parle d'un « gros raté » faute d'avoir « anticipé ». Le député de Paris juge les actes « intolérables et inqualifiables » et s’il a avoué être « étonné » que la victoire du club soit célébrée au Trocadéro, mais sans aller plus loin, car « on était installés dans la victoire du PSG, dans ce qui s'était passé dans les stades, qui était plutôt mieux géré que d'habitude ». Le responsable socialiste ose aussi un parallèle entre les évènements de lundi soir et les manifestations anti-mariage gay. « On n'a pas anticipé la connexion entre ce que l'on avait vu lors des manifestations contre le mariage pour tous et les hooligans qui gravitent autour du PSG. Là, il y a eu la conjonction des deux et évidemment ils s'en sont donnés à cœur joie ».
Pas question, en revanche, de rejeter la faute sur Manuel Valls : « Il ne faut pas ajouter à des agissements de crétins un débat débile », tranche-t-il. « Manuel Valls n'est pas responsable de la situation ».

Demander la démission de Valls « pas sérieux »

Un point de vue partagé par Ségolène Royal ce mardi matin sur RMC et BFMTV. « Les premiers responsables sont ceux qui ont choisi ce lieu », assure la présidente de Poitou-Charentes. « On sait que les ultras sont interdits de stade, pourquoi est-ce que cette fête n'a pas eu lieu dans le stade au lieu d'être en plein air, sur l'espace public ? », ajoute la vice-présidente de la Banque publique d’investissement, pour qui il n’est « pas sérieux » de demander la démission de Manuel Valls.

« Toujours là pour casser »

Pour Bruno Le Roux, le PSG doit maintenant « réfléchir à la façon dont il gère ses supporteurs ». Le chef de file des députés PS estime que « on aurait pu imaginer qu'il y ait plus d'intelligence de ces groupes qui s'étaient fait remarquer et qui malheureusement nous confirment qu'ils ne sont jamais là pour le football, jamais là pour faire la fête, toujours là pour casser ». Selon lui, l’ampleur des troubles n'était « pas prévisible ». Le club « ne peut pas s'épargner cette réflexion », ajoute le député socialiste. Le « succès sportif n'enlève pas cette responsabilité ».
Quant au ministre de l’Intérieur Manuel Valls lui-même, il demande des « sanctions exemplaires ». « Je condamne avec la plus grande force ces violences qui sont intolérables », a-t-il affirmé. « Il faut être impitoyable à l'égard de ces individus qui se livrent à de telles violences ».

Mathias Chaillot avec agences