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Affaire Ferrand: le porte-parole du gouvernement recadre la presse

Emmanuel Macron, au sommet du G7, le 21 mai 2017.

Emmanuel Macron, au sommet du G7, le 21 mai 2017. - RONALDO SCHEMIDT / AFP

Alors que le gouvernement est mis en difficulté par les antécédents de Richard Ferrand, le président de la République invite les médias à la prudence.

À chacun son rôle: à l'issue du conseil des Ministres ce mercredi, le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a mis en garde, alors que plusieurs médias s'intéressent à un possible conflit d'intérêt de Richard Ferrand, contre "une presse devenue juge". Il reprenait ainsi les propos tenus par le président de la République Emmanuel Macron devant les ministres réunis à l'Elysée. 

En réaction à la polémique atteignant le ministre Richard Ferrand, le président Macron a tenu à "appeler à la solidarité, la responsabilité". "Les choses ne vont pas forcément bien quand la presse devient juge", a-t-il ajouté, estimant que "dans une société démocratique, chacun doit être à sa place". 

Monopole judiciaire

Le ministre de la Cohésion des territoires est attaqué sur un "mélange des genres" entre son passé de directeur général des Mutuelles de Bretagne et ses fonctions politiques. En l'état, la Justice n'a pas jugé que les éléments à sa disposition justifiaient l'ouverture d'une enquête, et le ministre a été maintenu dans ses fonctions avec la confiance renouvelée du duo exécutif.

"Seule la justice dans ce pays est habilitée à décider ce qui relève d’une affaire, donc d’une instruction, d’une enquête (…)", a rappelé Christophe Castaner. "Les choses ne vont pas forcément bien quand la presse devient juge. Bien évidemment, dans une société démocratique, chacun doit être à sa place."

"Permettez que le porte-parole du gouvernement considère qu’une affaire judiciaire relève de la Justice, et pas de la lecture de tel ou tel journal", plaide ce fidèle d'Emmanuel Macron.

Respect de la procédure

Si Christophe Castaner reconnaît volontiers que la presse a fait "son travail d'instruction, de dévoilement d'information", le représentant du gouvernement a recadré les médias, avec lesquels le nouveau président de la République entretient volontairement des rapports plus distants que ses prédécesseurs. 

"Si un article de presse met en avant des faits, il est normal et nécessaire que la Justice étudie ces faits, et décide en fonction du droit applicable si elle doit déclencher une procédure ou pas", a expliqué le porte-parole. "Il est essentiel à notre système démocratique premièrement que vous (les journalistes, NDLR.) puissiez enquêter, deuxièmement que les magistrats soient dans la totale liberté d’instruire. (...) Il appartient à la Justice de mettre en cause – au sens de mettre en examen. Il faut respecter cet ordre-là."

Comprendre: la presse est priée par l'Elysée d'afficher une plus grande prudence, et Emmanuel Macron n'entend pas interférer avec le cours de la justice, encore moins s'il y a des coups politiques à recevoir. Un conseiller de l'Élysée avait prévenu au lendemain de l'élection: "L'époque des bavasseries est terminée."

Louis Nadau