BFMTV

Affaire des fadettes : Bernard Squarcini condamné à 8.000 euros d’amende

Bernard Squarcini, ancien patron de la DCRI, lors de son procès (photo prise le 18 février)

Bernard Squarcini, ancien patron de la DCRI, lors de son procès (photo prise le 18 février) - -

Bernard Squarcini, l'ancien "patron" de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) a été condamné à une peine de 8.000 euros d'amende ce mardi, pour avoir requis les fadettes d'un journaliste du Monde.

Bernard Squarcini, l'ancien "patron" de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) jugé dans l'affaire des "fadettes" du journal Le Monde en 2010, a été condamné mardi à une peine de 8.000 euros d'amende. Il devra en outre verser un peu plus de 7.000 euros de dommages et intérêts aux parties civiles, dont Le Monde et le Syndicat national des journalistes.

Le procureur, Jean Quintard, avait estimé que l'ancien haut responsable policier s'était rendu coupable d'un acte illégal en invoquant à tort la sûreté de l'Etat alors qu'il s'agissait seulement d'empêcher des fuites judiciaires dans la presse. Mais il n'avait requis qu'une peine de 5.000 euros d'amende afin de "tenir compte des services rendus par M. Squarcini à la République".

"Débusquer un traitre dans un cabinet ministériel"

Bernard Squarcini répondait du délit de "collecte de données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite", passible d'une peine maximale de cinq ans de prison et 300.000 euros d'amende. Il avait reconnu à l'audience, à la mi-février, avoir requis les fadettes d'un journaliste du Monde sur un volet de l'affaire Bettencourt sensible pour l'ex-ministre UMP du Travail Eric Woerth. Mais il "s'agissait de débusquer une fuite, un traître dans un cabinet ministériel", s'etait-il justifié devant le tribunal correctionnel de Paris, invoquant une exception à la loi dans le cas d'une atteinte à la sûreté de l'Etat.

"Ces informations gênent le pouvoir politique"

Les parties civiles ont estimé que Bernard Squarcini, réputé proche de Nicolas Sarkozy, avait voulu protéger l'exécutif qui craignait que ces fuites ne déstabilisent Eric Woerth. "Ces informations gênent le pouvoir politique, on se rend compte qu'il y a un système de collusion", notamment entre Eric Woerth et Patrice de Maistre, ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, avait déclaré Gérard Davet, le journaliste du Monde visé par la recherche des fadettes.

La rédaction