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Affaire Benalla: Wauquiez y voit "un désastre pour l'autorité du président"

Laurent Wauquiez

Laurent Wauquiez - GUILLAUME SOUVANT / AFP

Dans une interview publiée ce vendredi soir par Le Figaro, Laurent Wauquiez, président des Républicains, porte un jugement cinglant sur la gestion de l'affaire Alexandre Benalla par l'Elysée.

Laurent Wauquiez l'assure, il ne serait pas intervenu si l'Elysée avait signalé à temps les violences commises par l'un de ses chargés de mission, Alexandre Benalla. "Mais l'absence de sens de l'État, le dédain des usages républicains les plus élémentaires et un amateurisme inquiétant révélés par cette affaire ne peuvent rester sans réponse", affirme-t-il au Figaro, dans un entretien publié ce vendredi soir sur le site internet du média. "Que fait un personnage comme cela auprès d'Emmanuel Macron?" s'interroge le président du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes. 

"Le vrai scandale, c'est l'Elysée" 

"Aucune légèreté n'est permise. Combien y a-t-il de Benalla dans la macronie? Le président a-t-il un goût particulier pour les entourages sulfureux, comme au temps des cabinets noirs?", poursuit-il. c'est bien le silence du président de la République qu'il a en ligne de mire: "Le président se contente de balayer d'un revers de main: 'Je n'ai pas d'explication à donner, c'est mon bon plaisir.' Ce silence en dit plus que tous les discours. Il s'y mêle de la morgue et du mépris." "Le vrai scandale, ça n'est pas Benalla, c'est l'Élysée, l'Élysée qui fait le choix de la dissimulation", martèle encore Laurent Wauquiez.

La procédure de licenciement engagée contre Alexandre Benalla ne l'apaise pas davantage: "On cherche aujourd'hui à camoufler une affaire d'État derrière une procédure bien tardive de licenciement. Benalla rendra des comptes à la justice, mais Emmanuel Macron, lui, va devoir rendre des comptes aux Français." Il égrène les questions sur lesquelles il espère voir le chef de l'Etat s'expliquer:

"Qui était au courant? Quand? Pourquoi la justice n'a-t-elle pas été saisie? Pourquoi a-t-on été jusqu'à instrumentaliser la police pour étouffer l'affaire? De quels secrets Benalla est-il le détenteur pour avoir été ainsi protégé?"

"Pacte de silence" 

Laurent Wauquiez parle même d'un "pacte de silence", allant de Gérard Collomb à Emmanuel Macron. Evoquant le fait qu'Alexandre Benalla ait reçu un logement de fonction le 9 juillet dernier, il dénonce "un sentiment de favoritisme aveugle et d'impunité presque infantile", régnant selon lui à l'Elysée. Il raille la conception du pouvoir qu'Emmanuel Macron a mis en avant jusqu'ici sous l'expression de "nouveau monde": "Sous couvert d'un nouveau monde, cette affaire montre qu'Emmanuel Macron a en réalité recours aux pires pratiques de l'ancien temps. Cette République soi-disant irréprochable cachait une République de nervis". "Ce sont aujourd'hui les outrances du macronisme qui viennent d'éclater au grand jour", assure-t-il. 

Enfin, Laurent Wauquiez estime que c'est la stature présidentielle d'Emmanuel Macron et la fonction qui sont atteintes. "C'est un désastre pour l'autorité du président; sa parole est durablement discréditée", juge-t-il. 

Robin Verner