BFMTV

A l’UMP, rien de nouveau !

-

- - -

L’UMP a tenu hier sous la présidence de JF. Copé un séminaire de direction pour définir des mesures d’urgence en matière économique et sociale. Visiblement, vous n’avez pas été impressionné.

JF. Copé et les chefs de l’UMP étaient au moins d’accord sur un objectif : il fallait terminer l’année sur une image positive – un parti rassemblé, mobilisé et créatif. Le rassemblement, on l’a vu puisqu’ils étaient presque tous là (même F. Fillon, qui s’était un peu volatilisé ces derniers temps). La mobilisation, on est prié d’y croire puisqu’ils ont rédigé un document de 18 pages avec des propositions. Mais la créativité, on peut en douter parce que les mesures que l’UMP avance n’ont rien d’original. En gros, c’est le programme de la droite depuis 30 ans. Donc la machine de l’UMP tourne à nouveau, mais c’est une machine à remonter le temps.

Est-ce qu'on peut néanmoins penser que ces réflexions vont servir de base au futur projet de l'UMP pour 2017 ?

Il faut espérer qu’ils vont trouver mieux d’ici-là parce que la suppression des 35h, ce n’est rien d’autre qu’un symbole ; la baisse des impôts ressemble à serment d’ivrogne (la droite les a énormément augmentés sous N. Sarkozy) ; le reste, la baisse des charges, la diminution des prestations sociales et le recul de l’âge de la retraite, c’est le retour à un libéralisme classique (avec une focalisation particulière sur les fonctionnaires) qui ne ressemble pas vraiment à un bon en avant. JF Copé a dit que l’UMP voulait tracer « un autre chemin » ; pour l’instant, on est plutôt sur les sentiers battus.

Est-ce qu'il ne faut pas aussi lire ces propositions comme une critique de ce que N. Sarkozy n'a pas fait et que - du point de vue de ceux qui l'ont soutenu - il aurait du faire quand il était au pouvoir ?

Oui mais la limite de cette lecture est que les dirigeants de l’UMP étaient tous ministres ou à des places éminentes dans la majorité sous N. Sarkozy. D’un autre côté, l’UMP n’a pas d’autre choix pour occuper l’espace que de formuler des propositions – et chaque fois qu’elle le fera, on lui objectera qu’elle n’a pas fait hier les réformes qu’elle promet aujourd’hui. En réalité, d’une part l’UMP reste divisée sur des sujets importants (Europe, fiscalité…) ; surtout, elle sait que le jour où elle aura un candidat, il ne se sentira pas tenu par ce projet. Donc c’est moins stérile que le droit d’inventaire, mais ça n’encourage pas à se montrer inventif.

JF Copé avait dit que les efforts de l'UMP seraient concentrés sur les municipales et que 2017 ne viendrait que bien après. Est-ce que le séminaire d'hier veut dire qu'il a changé d'avis ?

Il a compris qu’il ne peut pas être le seul à se focaliser que les élections de l’an prochain parce qu’elles risquent de ne pas être si bonnes pour l’UMP – et que, pendant ce temps-là, la préparation de la présidentielle se faisait sans lui. La vérité, c’est que plus le retour de N. Sarkozy devient probable, plus la concurrence s’organise non plus entre des prétendants à l’Elysée mais entre des postulants à Matignon. Copé veut en être, comme Le Maire, NKM, Baroin, Wauquiez – tous sauf Fillon et Juppé, en fait. Et chacun veut imprimer sa propre marque. L’UMP affiche une direction rassemblée ; ça ne veut pas dire que tout le monde avance dans la même direction.

Hervé Gattegno