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A l'Assemblée, le coup de colère de Véran contre l'"outrance permanente" des oppositions

Olivier Véran à l'Assemblée nationale, à Paris le 3 novembre 2020

Olivier Véran à l'Assemblée nationale, à Paris le 3 novembre 2020 - STEPHANE DE SAKUTIN © 2019 AFP

Durant les débats autour du nouveau projet de loi prorogeant l'état d'urgence sanitaire, le ministre de la Santé a accusé les oppositions de s'adonner à un "exercice de tir au pigeon".

Cela devient une image récurrente à l'Assemblée nationale. Mercredi en fin de journée, les élus du Palais-Bourbon examinaient le nouveau projet de loi visant à proroger l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 1er juin. "Nous sommes en quelque sorte sur un fil", a entamé Olivier Véran dans son propos liminaire, décrivant une situation encore très à risque, notamment à cause des nouveaux variants du coronavirus qui circulent désormais en France comme ailleurs.

Après 3h45 de débats, le ministre des Solidarités et de la Santé a exprimé sa colère vis-à-vis des députés d'opposition, lesquels auront été nombreux à vivement critiquer la stratégie vaccinale du gouvernement. Se disant "sur sa faim" s'agissant des propositions concrètes de la droite et de la gauche, Olivier Véran les a accusées de s'adonner à rien de plus qu'un "exercice de tir au pigeon".

"Permettez-moi de reprendre quelques formules, lancées à l’emporte-pièce par des députés de l’opposition, de droite comme de gauche, depuis seulement quinze minutes: nous manquerions d’humanité, nous aurions une volonté totalitaire, nous serions incompétents, nous cumulerions les fiascos et les scandales en mettant le Parlement à l’arrêt", a-t-il commencé par égrener.

"La situation est difficile"

Selon Olivier Véran, "les Français commencent à voir les outrances permanentes et la méthode anti-Coué de certains parlementaires ou d’élus locaux d’opposition, qui, à chaque fois qu’une mesure est prise, disent immédiatement que cela ne marche jamais".

"C'est la réalité!", n'ont pourtant cessé de scander les députés visés, particulièrement sur les bancs de LR. "En toute sympathie" et "en toute amitié", le ministre de la Santé a poursuivi en affirmant que "les Français commencent un peu à s’en lasser".

"Alors que la plupart des pays autour de nous subissent un confinement généralisé, les Français constatent que leurs enfants vont à l’école, que l’économie a été soutenue et que les emplois sont préservés grâce au chômage partiel et au fonds de solidarité", s'est-il ensuite défendu, en ajoutant, "la situation est difficile: personne ne le nie".

"Aidez-nous"

C'est alors que, après avoir tenté d'illustrer combien la gestion d'une épidémie aussi imprévisible était une épreuve "difficile" pour l'exécutif, Olivier Véran a enjoint les oppositions à se montrer plus conciliantes.

"Aidez-nous, faites des propositions utiles, expliquez-nous les alternatives, retroussez vos manches, allez dans les territoires et dans les centres de vaccination (...) Vous pourrez alors constater qu’il y a toujours deux sortes de personnes dans la vie, au Parlement comme ailleurs: il y a ceux qui cherchent des problèmes et ceux qui trouvent des solutions", a-t-il conclu sous les vives protestations des groupes LR et La France insoumise.

Ce n'est pas la première fois que le ministre des Solidarités et de la Santé tance les parlementaires d'opposition depuis le début de l'épidémie de Covid-19. Début novembre, sur un autre texte portant prorogation de l'état d'urgence sanitaire, Olivier Véran s'en était vivement pris à la droite à la suite d'un vote sur lequel le groupe La République en marche s'était trouvé en minorité.

"On n'a jamais raison de perdre son calme, même s'il peut y avoir des raisons de le perdre", s'était-il expliqué le surlendemain face à la presse.
Jules Pecnard Journaliste BFMTV