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A l'approche de la présidentielle, le bal des recasages des conseillers de la majorité

A l'approche de la présidentielle, les recasages de conseillers ministériels et élyséens se multiplient.

A l'approche de la présidentielle, les recasages de conseillers ministériels et élyséens se multiplient. - Kenzo Tribouillard - AFP

A l'approche de la présidentielle, les recasages de conseillers ministériels et élyséens se multiplient. Une pratique commune à toutes les majorités politiques, mais dénoncée par la droite.

Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Mercredi, le conseil d’administration de l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif, prestigieux centre anti-cancer, a donné un avis défavorable à la nomination de Frédéric Varnier au poste de directeur général adjoint de l’établissement. Ancien secrétaire général du Centre hospitalier Sud Francilien, en Essonne, il figurait parmi une liste de candidats présélectionnés par l’Institut. Oui mais voilà, il a été proposé à ce poste par Marisol Touraine, la ministre de la Santé, dont il est membre du cabinet.

Une proposition vécue par le conseil d’administration de l’Institut comme une ingérence ministérielle: ses membres accusent la ministre de vouloir "imposer" son candidat. Une proposition qui s’inscrit dans le bal des recasages qui ont lieu un peu partout dans les ministères, à quelques mois seulement de la fin du quinquennat de François Hollande. Ces mouvements se produisent depuis plusieurs mois déjà et ne concernent pas que la gauche. Ils ont lieu avant chaque élection majeure.

"Candidate du gouvernement"

Marisol Touraine a défendu son candidat, arguant notamment que "ses compétences n'étaient pas en cause". Et le conseil d’administration, dont l’avis n’est que consultatif, a insisté sur le caractère apolitique de sa décision.

"Ce n'est pas une attitude politique, c'est une attitude qui vise à faire le bon choix pour Gustave-Roussy et pour les malades", a expliqué à l'AFP Jean-Pierre Davant, membre du conseil d'administration de l'Institut. "Le candidat qu'elle propose, il a fait du cabinet, il n'a jamais dirigé un hôpital quelconque. Secrétaire général ce n'est pas directeur", a-t-il argumenté.

Outre Marisol Touraine, la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal a été critiquée pour avoir, en novembre, "imposé" son conseiller budgétaire à l’Ademe, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, comme l’a révélé Le Parisien. "Le poste avait été laissé vacant pendant plusieurs mois pour préparer son arrivée", précise le quotidien, qui note que son ancienne directrice de cabinet, Elisabeth Borne, a pris la tête de la RATP en 2015. Elle était la "candidate du gouvernement" pour ce poste.

Vers la fonction publique, mais pas seulement

A l’approche de la fin du mandat de leur ministre, les membres de cabinets, qu’ils soient conseillers, directeurs ou chefs, sont tous sur la sellette, mais tous ne sont pas "recasés". Comme le relève Le Monde, entre le 1er juin et mi-septembre, 57 membres de cabinets et de la présidence de la République ont quitté leurs fonctions.

Un chiffre qui serait en hausse par rapport aux autres années, puisque pour 2011, sur une période identique, on ne comptait que 28 départs. D’après le quotidien, ces reclassements se font vers la fonction publique principalement. Cela concerne aussi bien l'Elysée que les ministères, puisque, comme le note le journal, sur les 37 collaborateurs qui entouraient François Hollande au début de son mandat, "il n'en reste qu'une poignée". 

Beaucoup de nouveaux arrivants à la Mairie de Paris

Cette pratique pourtant générale est en tout cas dénoncée, en particulier par la droite. Dans une interview au Figaro, un élu parisien du parti Les Républicains, Pierre-Yves Bournazel, pointe ainsi l’arrivée de plusieurs anciens collaborateurs du gouvernement à la Mairie de Paris.

"Tout cela n'est pas illégal, mais les Parisiens ont le droit de connaître clairement les choix qui sont faits par Anne Hidalgo pour diriger l'administration de leur ville", avance-t-il.

Des critiques balayées par la Mairie de Paris, qui insiste sur l'importance donnée aux compétences des nouveaux recrutés. "Avoir travaillé dans un cabinet ministériel ne doit pas vous interdire de travailler pour la Ville. Et quand vous regardez la proportion, on ne peut pas parler de politisation. D'ailleurs, une règle nous est imposée: 50% des sous-directeurs doivent être issus de l'administration parisienne", fait valoir Mathias Vicherat, le directeur du cabinet d’Anne Hidalgo. 

Dans une enquête consacrée à ce phénomène, France Info rappelle cette pratique de recasage, qui permet à la fois de récompenser et de constituer des réseaux, remonte à la Révolution française et, puisqu'elle est liée à l'alternance des pouvoirs, est une émanation de la démocratie.

Charlie Vandekerkhove avec AFP