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A 7 mois de la présidentielle, les chasseurs en colère défilent dans toute la France

Des milliers de personnes ont défilé dans les rues ce samedi matin pour défendre les chasses traditionnelles d'oiseaux, jugées illégales. Avec un objectif: défendre leurs intérêts avant la présidentielle.

12 000 personnes à Amiens, 9 000 à Redon, 13 000 à Mont-de-Marsan d'après les préfectures de police... Des milliers de chasseurs se sont réunis dans différentes villes françaises ce samedi matin pour défendre le monde rural qu'ils jugent menacé.

Organisé par la Fédération nationale des chasseurs, les manifestations visent d'abord à défendre les chasses traditionnelles d'oiseaux, jugées illégales par le Conseil d'Etat.

La défense des "traditions"

La plus haute juridiction administrative a jugé plusieurs techniques de chasse, avec des filets ou des cage, contraires à la directive européenne "oiseaux" de 2009. Ce texte interdit les techniques de capture massive d'oiseaux sans distinction des espèces capturées.

Au micro de BFMTV, les manifestants ont plus largement défendu leur "mode de vie et des traditions ancestrales", accusant le gouvernement d'être "déconnecté de la nature."

La justice avait déjà jugé illégale, en juin, la chasse à la glu, qui consiste à piéger des merles et des grives sur des tiges enduites de colle.

Le candidat à la présidentielle Xavier Bertrand, a participé à la manifestation d'Amiens.

"Ce sont des ruraux qui veulent tout simplement qu'on ne leur dicte pas leur conduite et qu'on les laisse vivre leurs traditions, leur passion", a avancé le patron de la Région Hauts-de-France au micro de BFMTV.

Des chasseurs déterminés à se faire entendre pendant la présidentielle

La destination est très symbolique pour les chasseurs. La ville est d'abord celle d'Emmanuel Macron mais aussi le territoire de Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, souvent accusée d'être "anti-chasse".

A 7 mois de la présidentielle, le message est clair. Il faudra compter avec les chasseurs dans les semaines à venir.

"Une mobilisation cette fois nationale est en discussion pour mars", explique d'ailleurs Willy Schraen, le président de la Fédération nationale des chasseurs dans un communiqué de presse.

Le lobbyiste appelle d'ailleurs à la création d'un grand ministère de la Ruralité, "pour s'y sentir enfin chez nous".

Soucieux de ne pas froisser l'électorat des chasseurs, le gouvernement a mis en consultation en semaine plusieurs arrêtés pour ré-autoriser certaines de ces chasses, au grand dam des défenseurs de l'environnement.

Marie-Pierre Bourgeois