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Police-Justice

Yvelines: l'architecte exerçait depuis 30 ans... sans diplôme

Le tribunal de grande instance de Versailles, où l'homme doit être jugé ce lundi.

Le tribunal de grande instance de Versailles, où l'homme doit être jugé ce lundi. - -

L'homme, qui a établi les plans de nombreux bâtiments publics dans les Yvelines, doit comparaître ce lundi devant le tribunal correctionnel.

Il a 59 ans, a passé sa carrière à ériger des bâtiments et comparaît ce lundi devant le tribunal correctionnel de Versailles pour exercice illégal d'une profession réglementée. Faux architecte, mais talentueux imposteur, il s'était forgé une réputation dans la région de Mantes-la-Jolie. Au point de remporter des marchés publics sur la construction d'immeubles HLM et d'établissements scolaires.

> De quoi est-il accusé?

L'homme comparaît pour avoir exercé illégalement la profession d'architecte entre 2009 et 2013 dans les Yvelines. Selon Le Parisien, il est poursuivi pour avoir illégalement répondu à 47 marchés à Mantes-la-Jolie et à Limay, qu'il a décrochés pour un montant d'honoraires avoisinant le million d'euros.

Parmi ceux-ci, des marchés publics, notamment des écoles et une polyclinique, et 16 opérations pour des particuliers, notamment des constructions excédant 170 m2 pour lesquelles le recours à un architecte est obligatoire.

En réalité, cela fait même trois décennies qu'il s'emploie à établir des plans - l'enquête de gendarmerie a établi qu'il exerçait depuis 1983 - mais les faits antérieurs sont prescrits.

> Comment a-t-il fait pour tromper son monde?

Selon son avocat, cité par l'AFP, le prévenu a bien suivi des études d'architecture, mais il ne les a jamais achevées. "Pour des raisons qu'il ne s'explique pas, il n'a jamais déposé son mémoire de fin d'études", explique Me Pascal Fournier Pas de mémoire, pas de diplôme. "C'est un loupé irrationnel", commente le conseil.

L'homme possède une qualification de maître d'oeuvre, le niveau en dessous. C'est en cette qualité qu'il a commencé sur de petits chantiers. Mais, le succès venant, il s'est lancé dans des constructions plus importantes: écoles, polycliniques, salle communale et crèche.

Pour tromper son monde, il présentait des cartes de visite d'architecte et utilisait le numéro d'ordre de son beau-frère, véritable architecte installé en Lozère. Et "tout ce qu'il a fait, il l'a bien fait", précise son avocat à l'AFP.

> Comment l'usurpateur a-t-il été démasqué?

C'est un client insatisfait, médecin, a qui découvert la vérité au printemps 2012, indique une source proche de l'enquête au Parisien. Ce client "trouvait que la décision prise par l'architecte n'était pas pertinente". Il a alors "eu la curiosité de chercher son nom à l'ordre des architectes et découvert qu'il n'y figurait pas. Il a aussitôt déposé une plainte."

M. T.