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Yvelines: enquête ouverte après un rapport épinglant la gestion de Mantes-La-Jolie

L'hôtel de ville de Mantes-la-Jolie le 7 novembre 2013.

L'hôtel de ville de Mantes-la-Jolie le 7 novembre 2013. - JACQUES DEMARTHON / AFP

La ville de Mantes-la-Jolie est épinglée dans un rapport de la Chambre régionale des comptes. La Chambre y pointe notamment des "situations (...) irrégulières". Des enquêteurs s'intéressent à la gestion et aux frais.

Des enquêteurs s'intéressent à la gestion et aux frais de la mairie de Mantes-La-Jolie (Yvelines), épinglée dans un rapport de la Chambre régionale des comptes, a-t-on appris ce jeudi auprès du parquet de Versailles.

Sollicité par l'AFP, le parquet a précisé que cette enquête préliminaire avait été ouverte à la suite d'un signalement, après la publication en octobre du rapport de 120 pages.

La Chambre y pointe notamment des "situations (...) irrégulières", dont la rémunération du directeur général des services de la mairie, comparable à celle réservée aux villes d'au moins 80.000 habitants, alors que Mantes-la-Jolie en compte 44.000.

Le rapport tacle aussi la gestion des ressources humaines de la mairie, dont une "prime annuelle fixe de 1.100 euros (...) versée aux agents sans aucune base légale".

Contactée, la mairie LR dirigée par Raphaël Cognet a affirmé auprès de l'AFP avoir suivi "toutes" les recommandations de la Chambre, et souligné que le rapport faisait également état d'un "désendettement continu".

Des frais pris en charge irrégulièrement

Dans son rapport, la Chambre épingle aussi de "multiples frais pris en charge irrégulièrement par la commune", comme des frais de réception à hauteur de 50.000 euros de l'ancien maire Michel Vialay, désormais député LR des Yvelines.

La Chambre mentionne notamment "d'importants achats de bouteilles de vin". À ce sujet, Michel Vialay a affirmé que les frais engagés l'étaient dans une "logique managériale" et de "team building", selon le rapport. Sollicité par l'AFP, Michel Vialay n'a pas répondu.

La Chambre s'est aussi intéressée à deux ventes d'immeubles "à la régularité contestable", car réalisées dans des "conditions très favorables", différentes du marché: cinq bâtiments à une école privée musulmane et un local de 704m² à la représentation locale de la Confédération islamique Millî Görüs.

Une affaire de racket des commerçants

Des membres de la mairie sont aussi visés dans une autre affaire, concernant le marché du Val Fourré, quartier prioritaire où vit près de la moitié de la population. En avril 2019, un employé a été mis en examen et incarcéré pour "extorsion en bande organisée" sur les commerçants du marché.

Dans ce dossier du marché du Val Fourré, le premier adjoint au maire, Sidi El Haimer, a été mis en examen en mars dernier pour "subordination de témoin".

"Sidi El Haimer a été interrogé ce (jeudi) matin par le juge d'instruction et clame son innocence", a déclaré jeudi à l'AFP son avocat Alexandre Simonin.

Raphaël Cognet et Pierre Bédier, ancien édile phare de Mantes-La-Jolie et actuel président LR du département, avaient été entendus comme témoins.

A.F avec AFP