BFMTV

Voitures brûlées: Adrien Desport, ancien cadre du FN, invoque "des gamineries"

Adrien Desport, le 1er septembre, à Paris.

Adrien Desport, le 1er septembre, à Paris. - BFMTV

L'ancien numéro deux du Front national en Seine-et-Marne, Adrien Desport, incendiait des voitures la nuit, pour ensuite faire croire à une montée de l'insécurité. Appelé à comparaître ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Meaux, le jeune homme a fait son mea culpa, mais n'a pas convaincu le procureur.

Il s'est dit "très peu fier" de son geste. L'ancien numéro deux du Front national en Seine-et-Marne, Adrien Desport, comparaissait ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Meaux pour avoir détruit des dizaines de voitures afin de faire croire à une montée de l'insécurité et une hausse de la délinquance, dans une lettre publiée sur son site. Soupçonné d'avoir ainsi incendié volontairement 13 véhicules dans la commune de Mitry-Mogy, dans la nuit du 7 au 8 avril, le jeune homme de 25 ans était jugé avec cinq autres militants FN, trois étudiants, un commercial et une dresseuse de chiens.

Le tribunal a requis quatre ans de prison, dont trois ferme, à l'encontre d'Adrien Desport. 

Des "gamineries"

La justice lui reproche d'avoir mis le feu à des voitures en Seine-et-Marne et dans le Val-d'Oise, participé à une association de malfaiteurs, dénoncé une agression imaginaire, consommé des produits stupéfiants et vandalisé des véhicules.

"Je suis très peu fier de ce que j'ai fait", "C'étaient des gamineries", a tenté d'expliquer à l'audience Adrien Desport, un homme de taille moyenne, très brun, au teint diaphane, et dont les lunettes et la veste noire donnent une allure respectable de jeune cadre dynamique.

"J'ai commis des erreurs"

L'ancien militant du Front national qui se plaisait à se présenter comme un cadre du parti d'extrême droite chargé de la communication pour la Seine-et-Marne, a admis avoir mis le feu à une voiture.

Pour les douze autres, le prévenu ne se souvient plus mais "j'assume l'ensemble", a-t-il déclaré. "J'ai commis des erreurs, je suis ici pour payer pour ce que j'ai fait", a-t-il ajouté, tout en minimisant son implication, alors que ses anciens acolytes le décrivent comme un "manipulateur" qui parfois leur faisait peur lorsqu'il évoquait des "envies de meurtre". 

Toutefois, si l'expertise psychiatrique, évoquée par la présidente au cours de l'audience, a établi qu'Adrien Desport ne présentait "pas de dangerosité psychiatrique" ni de "trouble psychique", elle souligne que le jeune homme souffre d'une "certaine immaturité". 

Soirées arrosées

La présidente, Olivera Djukic, a décrit des soirées de "beuverie et de prise de médicaments", avant de partir en tournées destructrices visant des véhicules au hasard ou d'autres appartenant à des personnes avec qui le groupe avait des comptes à régler.

Adrien Desport a aussi nié avoir eu pour projet d'incendier un immeuble et de tendre un guet-apens à des policiers pour leur voler leurs armes. "C'est ridicule, moi tout seul... Il faut me retirer le titre de cerveau mafieux de l'affaire", s'est-il défendu. Suspendu du Front national au moment de l'affaire, Adrien Desport assure avoir renoncé à la politique. 

A.S. avec AFP