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Victime présumée de l'ex-père Preynat, il est "prêt à affronter son regard" lors du procès 

Stéphane, âgé de 41 ans et victime d'agressions sexuelles lorsqu'il avait dix ans, s'exprime pour la première fois, avant le procès de l'ex-prêtre.

Stéphane se souvient de tout ce qu'il a subi lorsqu'il était chez les scouts alors qu'il n'avait que 10 ans. Au total, 10 victimes présumées, mineures comme lui au moment des faits, se sont constituées partie civile au procès de Bernard Preynat, qui doit se tenir à compter de ce lundi à Lyon: elles lui reprochent essentiellement des attouchements, baisers sur la bouche et caresses réciproques contraintes, notamment sur le sexe.

Trente ans après, Stéphane, aujourd'hui âgé de 41 ans, appréhende de revoir l'ancien prêtre.

"Pour ma part, c'est la première fois que je vais le revoir depuis 1989. Je suis prêt à affronter son regard, justement à lui montrer qu'on a suivi une autre voie que ce qu'il a voulu nous montrer et oui qu'on est des hommes, qu'on a réussi à évoluer, à avancer dans la vie", témoigne le quadragénaire auprès de BFMTV.

Tourner une page sans pardonner

Aujourd'hui, cet artisan a réussi sa vie. En couple, père de deux enfants, il n'est toutefois pas prêt à tout excuser:

"Oui, j'aimerais qu'une page se tourne sur mon passé. Pour ma part je n'aurai pas vraiment de pardon à lui donner. Il a quand même eu de grosses répercussions sur ma vie et celle de mes enfants donc non, là-dessus je reste très en colère et il n'y aura pas de pardon de mon côté."

Preynat renvoyé à l'état laïc en juillet

Bernard Preynat, 74 ans, qui a reconnu beaucoup d'agressions durant l'enquête, est prêt à faire face aux juges, selon son avocat Frédéric Doyez.

"C'est un homme âgé, c'est un homme qui a eu des problèmes de santé, mais c'est un homme qui va répondre de ses actes et qui est dans une démarche de responsabilité par rapport à la justice", assure Me Doyez.

En juillet dernier, la justice ecclésiastique a renvoyé Bernard Preynat à l'état laïc. Devant la justice des hommes, l'ancien prêtre risque jusqu'à 10 ans d'emprisonnement et 150.000 euros d'amende.

Gwenaël Windrestin avec Clarisse Martin