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Vague de suicides dans la police: les policiers expriment leur malaise

Des policiers se sont rassemblés place du Palais Royal à Paris pour exprimer leur malaise.

Des policiers se sont rassemblés place du Palais Royal à Paris pour exprimer leur malaise. - Capture BFMTV

A l'appel du syndicat Unité SGP Police-FO, une centaine de policiers franciliens se sont rassemblés mardi midi pour dénoncer le manque de considération à leur égard, qui serait à l'origine de la vague de suicides qui sévit depuis le début de l'année dans la profession.

C'était le 7 septembre dernier, le 3 septembre dernier, le 6 août dernier ou encore le 29 avril dernier... Cette liste de dates incomplète, c'est celle des jours où un policier s'est suicidé depuis le début de l'année. Au total, 24 fonctionnaires ont mis fin à leurs jours, dont trois ces derniers jours, rien que dans les départements du Val-de-Marne et en Seine-Saint-Denis.

Le 3 septembre, le nouveau commandant de police de L'Haÿ-les-Roses s'est donné la mort, quelques jours après la mort d'un autre fonctionnaire du Val-de-Marne. Le 8, c'est une jeune policière de 22 ans de la direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) du 93 qui s'est suicidée.

Pour alerter sur cette terrible vague de suicides au sein de la police nationale, le syndicat Unité SGP Police-FO avait appelé à un rassemblement ce mardi midi place du Palais Royal, à Paris, rassemblement auquel ont participé une centaine de policiers.

"Le métier n'est pas valorisé, déplore Yves Lefebvre, secrétaire national du syndicat. Etre flic en Ile-de-France, ce n'est pas toujours être flic comme dans le reste de la France. Notre but est de dénoncer l'absence de plan social et de plan humain pour tenter d'enrayer cette spirale de suicides."

Reconnaissance et protection

Afin de faire entendre leur mal-être, les policiers avaient choisi une mise en scène théâtrale: vêtus de blanc, et porteurs de masques blancs anonymes devant des pancartes avec les mentions "revolver", "corde" ou médicaments", les hommes et les femmes rassemblés sont tombés un par un, comme pour symboliser les suicides de leurs collègues. 

"51 l'an passé, 24 déjà cette année, et je ne compte pas nos malheureux collègues gendarmes qui ont mis fin à leurs jours, il y a un grave malaise dans la police nationale", énumère avec tristesse le syndicaliste.

Ce malaise serait causé à la fois par un manque de reconnaissance et un manque de protection. Malgré le déblocage de 196 millions d'euros pour la police nationale en janvier dernier et un plan pour la construction de 29 projets immobiliers pour loger les fonctionnaires, les syndicats dénoncent un "pansement sur une jambe de bois".

"Le policier parisien n'a qu'une hâte, c'est de quitter Paris, reconnaît Yves Lefebvre. Il est logé à plus d'une heure de son lieu de travail, n'a pas de structure d'accueil pour ses enfants... Nous ne demandons pas une prime pour fidéliser les hommes en région parisienne mais des arguments qui leur donnent un intérêt à rester."

Outre les moyens, c'est aussi de la reconnaissance qui est réclamée. 

"Tant que la justice ne poursuivra pas et ne condamnera pas les auteurs de violences contre les policiers et ce d'une manière très ferme, on n'avancera pas", conclut le patron d'Unité SGP Police - FO.

Justine Chevalier