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Une association de prévention de la pédophilie visée par une enquête

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - AFP

L'Ange Bleu, une association de prévention concernant la pédophilie qui réunit victimes, pédophiles abstinents et agresseurs, est la cible d'une enquête pour ne pas avoir avisé la justice de certains témoignages.

L'association de prévention de la pédophilie l'Ange bleu est visée par une enquête, étant soupçonnée d'avoir recueilli des témoignages de pédophiles sans en avoir avisé la justice, a appris mardi l'AFP auprès du parquet de Paris.

Cette enquête, ouverte le 19 mai pour "non-dénonciation de crime commis sur mineurs de (moins de) 15 ans", a été confiée à la Brigade de protection des mineurs. Selon une source proche du dossier, elle a été ouverte suite à un signalement anonyme effectué sur la plateforme contre les violences sexistes et sexuelles.

"Je ne me substitue pas à la victime"

Fin mai, plusieurs associations de protection de l'enfance et de lutte contre les violences sexuelles, parmi lesquelles Innocence en danger, avaient annoncé dans un communiqué avoir envoyé au parquet des signalements pour qu'il fasse la lumière "sur les agissements de Latifa Bennari", la présidente de l'Ange bleu. Celle-ci réunit chaque mois depuis 1998 pédophiles abstinents et agresseurs pour un groupe de parole qui associe aussi des victimes.

Dans ce communiqué, les associations dénonçaient plusieurs propos de Latifa Bennari, notamment lors d'une interview en août sur Europe 1, au cours de laquelle elle avait déclaré ne pas dénoncer les pédophiles passés à l'acte.

"Je ne dénonce pas parce que je ne me substitue pas à la victime (...) parce que (...) beaucoup de victimes veulent ou voulaient juste comprendre", avait-elle déclaré. "Il est à craindre de nombreuses victimes étouffées par le silence des mots et la protection apportée par cette association", a déclaré la présidente d'Innocence en Danger, Homayra Sellier, citée dans le communiqué.

"Des propos mensongers par vengeance"

Latifa Bennari a dénoncé mardi auprès de l'AFP des "propos mensongers" relayés par des associations qui agissent "par haine et par vengeance". "Mon rôle n'est pas dénoncer, mon rôle c'est l'écoute. Ce n'est pas à moi de me substituer à la victime, c'est à elle, ou à ses parent si elle est mineure, de déposer plainte. Mais je peux les orienter dans cette démarche", a-t-elle ajouté à l'agence, estimant n'avoir "jamais eu la sensation de laisser libre un agresseur".

Auprès de BFMTV.com, la fondatrice de l'association se dit "choquée" par l'ouverture de cette enquête. Elle dit également avoir déposé une plainte en diffamation contre Kathya de Brinon, militante engagée contre les violences sexuelles sur mineurs, qui a participé à un groupe de parole animé par Latifa Bennari en 2018 et qualifié ses méthodes de "dangereuses" sur les réseaux sociaux. Selon Latifa Bennari, Kathya de Brinon exprimerait des rancoeurs personnelles à son égard.

Jeanne Bulant avec AFP Journaliste BFMTV