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Un temps soupçonné "d'apologie du terrorisme" le prof e philo muté à 80 km

A la demande de ses élèves de terminale, un professeur de philosophie avait animé un débat après les attentats de janvier.

A la demande de ses élèves de terminale, un professeur de philosophie avait animé un débat après les attentats de janvier. - Frank Perry - AFP

Mis à pied en janvier après avoir été soupçonné d'apologie du terrorisme en classe, un professeur de philosophie de Poitiers a été sanctionné vendredi par son rectorat. L'homme qui dénonce un acharnement a été muté dans le département voisin.

Le rectorat a notifié la sanction vendredi à Jean-François Chazerans. Ce professeur de philosophie qui exerçait au lycée Victor-Higo de Poitiers a été muté dans le département des Deux-Sèvres, indique-t-il à l'AFP. "Je suis atterré, profondément affecté. C'est de l'acharnement", a déclaré l'enseignant, dénonce l'enseignant.

Au lendemain des attentats de janvier, Jean-François Chazerans, 55 ans avait accepté d'animer un débat à la demande de ses élèves. Par la suite, des parents d'élèves s'étaient plaints au rectorat de la façon dont il avait orienté le débat, et des opinions personnelles qu'il aurait alors exprimé, notamment à propos de militaires français engagés dans des opérations extérieures. Mais le parquet avait classé l'affaire, estimant que si certains de ses propos pouvaient paraître "inadaptés, déplacés et choquants", ils n'étaient pas constitutifs "d'apologie du terrorisme". 

Sanctionné "pour l'ensemble de son oeuvre"

La sanction n'est finalement pas judiciaire mais administrative. Peu après les faits, Jean-François Chazerans avait été entendu par la commission de discipline du rectorat. Il redoutait surtout d'être sanctionné "pour l'ensemble de son oeuvre", en référence à son profil connu d'enseignant engagé, exprimant régulièrement ses opinions personnelle en cours.

M. Chazerans avait reçu le soutien d'élèves, de collègues, d'organisations d'extrême gauche, et d'associations comme Droit au Logement (DAL), dont il est militant.

Il a indiqué vendredi qu'il allait étudier avec son avocat les recours possibles, notamment au tribunal administratif, mais s'est dit résolu à "aller jusqu'au bout" pour contester ce qu'il vit "comme une injustice".

C. B avec AFP