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Un prêtre de 85 ans jugé in extremis  pour pédophilie

Le père Régis Peyrard est accusé d'agressions sexuelles sur mineur (PHOTO D'ILLUSTRATION).

Le père Régis Peyrard est accusé d'agressions sexuelles sur mineur (PHOTO D'ILLUSTRATION). - François Guillot - AFP

Le père Régis Peyrard est accusé d'avoir abusé de nombreux enfants dans les années 1980 et 1990. Alors que la plupart des faits sont prescrits, une seule victime est représentée au tribunal correctionnel.

Les agissements du père Régis Peyrard auraient fait des dizaines de victimes. Ce mardi, ce prêtre, âgé de 85 ans, comparaît devant le tribunal correctionnel de Saint-Étienne (Loire) pour des accusations d’agressions sexuelles commises sur un mineur dans les années 1990. À cause de la prescription, seule une victime présumée est aujourd’hui sur le banc des parties civiles.

Le prévenu, ancien aumônier du lycée de la commune de Montbrison, est suspecté d'avoir profité, pendant de nombreuses années, de sa fonction d'organisateur de camps de vacances d'été à Peisey-Nancroix, en Savoie, pour abuser de jeunes garçons.

Des premières plaintes sont déposées en 2000 et 2001 mais classées sans suite, les faits étant trop vieux. En 2017 finalement, la plainte d’une victime présumée est retenue par la justice. Cette dernière, “un chef d'entreprise de la région stéphanoise de 38 ans”, selon son avocat Maître Jean Sannier, affirme avoir été victime du prêtre alors qu'il avait 11 et 12 ans.

Selon son représentant, s’il "est la seule victime non prescrite au terme de la loi”, d’autres “innombrables jeunes garçons, enfants et adolescents (...) ont eu la malchance de croiser la route du père Peyrard". Le parquet de Saint-Étienne a d’ailleurs indiqué avoir "fait citer cinq [autres présumées victimes] comme témoins au procès".

Des aveux transmis à sa hiérarchie

Au début des années 2000, l'ancien prêtre avoue à sa hiérarchie avoir commis des abus sexuels sur des mineurs entre les années 1980 et 1990. Certaines agressions sont ensuite révélées sur le site de mise en contact de victimes d'abus sexuels, coabuse.fr, poussant la hiérarchie à réagir.

En juillet 2017, l'évêque du diocèse de Saint-Étienne, Mgr Sylvain Bataille, annonce à la presse que ce prêtre a été "relevé de son ministère depuis 2000, parallèlement au signalement à la justice" d'agressions sexuelles de mineurs. "Le prêtre en question (...) reconnaît et regrette profondément ses gestes (...) qui ont été dénoncés au fil du temps", déclare alors l'évêque.

"Le problème c'est que pendant des années les procureurs et les évêques se sont entendus pour que ce genre d'affaires ne sorte pas", accuse une source proche du dossier, soulignant que "désormais les choses ont bien changé".

Après saisi de la Congrégation pour la doctrine de la foi à Rome cet été, Mgr Sylvain Bataille a obtenu de l'octogénaire qu'il renonce lui-même à sa qualité de religieux.

E.P. avec AFP