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Un notaire jugé pour avoir voulu vendre un manuscrit de Chateaubriand

Cette copie partielle des Mémoires d'outre-tombe a été acquise en 2000 par la BNF.

Cette copie partielle des Mémoires d'outre-tombe a été acquise en 2000 par la BNF. - Thomas Samson - AFP

Un notaire parisien va être jugé pour avoir voulu vendre aux enchères la seule copie manuscrite complète des Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand.

Le tribunal correctionnel de Paris se penche ce jeudi sur une histoire peu commune: celle de Pascal Dufour, notaire poursuivi pour abus de confiance aggravé. L'homme avait voulu vendre en 2012 un manuscrit précieux, Les Mémoires d'outre-tombe, de Chateaubriand.

Déposé chez un notaire en 1847 dans le cadre d'un contrat avec l'éditeur et gardé sous coffre, le manuscrit, écrit par des secrétaires et signé de la main de Chateaubriand, s'est transmis de génération en génération jusqu'à atterrir dans l'étude de Pascal Dufour. En 2012, il décide de mettre aux enchères publiques les 3.514 pages, reliées en 10 volumes.

Dépositaire ou propriétaire?

La vente est programmée pour le 26 novembre 2013 à l'hôtel Drouot. Selon des chiffres qui circulent, le manuscrit est estimé à 400.000 ou 500.000 euros. Mais au dernier moment, la société organisatrice annonce une cession de gré à gré auprès de la Bibliothèque nationale de France (BNF).

La ministre de la Culture de l'époque Aurélie Filipetti salue une "acquisition exceptionnelle" de l'État, "à la suite d'un accord amiable avec le propriétaire". Mais la transaction n'a finalement pas lieu. Le manuscrit est aujourd'hui sous scellé, à la BNF, qui avait déjà acquis en 2000 un manuscrit des Mémoires d'outre-tombe, mais il s'agissait d'une copie partielle.

Le parquet de Paris avait ouvert une enquête, à l'issue de laquelle il avait considéré que le notaire n'était qu'un dépositaire du manuscrit, pas son propriétaire, et qu'il n'avait en aucun cas le droit de le vendre. A l'inverse, l'avocat du notaire, Me Patrick Maisonneuve assure que "le manuscrit n'était pas en dépôt à l'étude" et que son client en était "bien propriétaire car l'éditeur avait abandonné le manuscrit". A la justice désormais de trancher.

la rédaction avec AFP