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Un ancien soldat sur le départ pour l'Irak: "Les Kurdes ont besoin de nous"

BFMTV a rencontré un ancien soldat français qui a décidé avec une dizaine d'autres de partir combattre les jihadistes en Irak, avec les Peshmergas kurdes.

"Pour nous il est intolérable d'attendre autant et l'action doit être réelle maintenant." Voilà pourquoi Ach* a décidé - avec une dizaine d'autres anciens soldats français - de partir combattre les jihadistes en Irak aux côtés des Peshmergas kurdes.

"Nous sommes prêts à mourir comme tout soldat qui a fait serment un jour. Mais nous ne sommes pas là pour mourir contrairement à ce qu'il y a en face, explique-t-il à BFMTV. Je ne pense pas qu'un vrai soldat ait envie de mourir pour sa cause. Un vrai soldat a envie de survive pour la servir le plus longtemps possible."

Ils sont une dizaine, des hommes et des femmes, qui ont servi dans différents corps de l’armée, révélait Mediapart il y a quelques jours. Certains seraient encore dans l'armée, sur le point de démissionner. Ils ont entre 23 et 50 ans et vivent dans différentes villes de France.

Leur cible? "Daesh, EI, ISIS: ces hordes de barbares qui ont un drapeau maintenant voire même un uniforme", lance Ach.

Ils se défendent d'être des mercenaires 

Réunis sous le pseudonyme de Task Force Lafayette, du nom de l'unité qu'ils servaient en Afghanistan entre 2009 et 2012, ils assurent être un groupe complètement indépendant de tout parti ou groupe religieux. Ils s'autofinancent essentiellement grâce à une collecte en ligne relayée sur leur page Facebook.

Un fournisseur de l'armée française leur a envoyé 4.000 euros de matériel: gilets de combat, des masques balistiques, des bâches, une vingtaine de tee-shirts thermiques, des gourdes filtrantes mais pas d’armes. Ils devraient aussi partir avec une caméra et vendre des images à une société de production américaine.

L'opération est-elle légale? "S’ils ne partent pas combattre au sein d’un groupe terroriste et ne sont pas payés, en théorie, ce n’est pas un délit", répond le ministère de l’intérieur à Mediapart.

Sur place, il y a déjà des combattants anglo-saxons partis depuis plusieurs mois combattre Daesh, dans diverses milices chrétiennes internationales en Irak, en Syrie.

* Il préfère rester anonyme

K. L. avec Jean-Wilfrid Forquès