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Terrorisme: François Molins décrit "une menace qui vient de l'intérieur"

François Molins le 6 octobre 2017 à Paris.

François Molins le 6 octobre 2017 à Paris. - Jacques Demarthon - AFP

Le procureur de Paris affirme que la menace terroriste "a muté". Elle vient désormais de l'intérieur, et implique des personnes qui ne sont pas connues des renseignements.

Interpellé samedi dernier dans le Gard, un homme de 33 ans inconnu des renseignements est soupçonné d'avoir préparé un attentat. "Certains éléments ont montré que quelque chose se préparait", confirme François Molins, le procureur de Paris, ce mardi matin sur RTL.

Le profil de l'homme arrêté interroge: il a été repéré sur les réseaux sociaux, mais il ne figurait pas sur les écrans-radars des services de renseignements. Pour François Molins, ce cas est symptomatique des changements de ces derniers mois au sein de l'organisation. "La menace a muté", explique-t-il, "elle reste très élevée mais elle est plus diffuse. Elle ne vient plus de l'extérieur mais de l'intérieur (du territoire français, NDLR), et de gens pas connus des services de renseignements, qui ne sont pas allés en Syrie".

La place des femmes a changé

Un changement qui s'explique notamment par le "délitement du califat, compte tenu de la situation militaire en Irak et en Syrie". Conséquence: "Il n'y a plus de filière d'acheminement vers l'Irak ou la Syrie." Les jihadistes français sont de moins en moins nombreux à vouloir partir vers ces pays. Ils se conforment ainsi aux ordres de l'organisation: "Le mot d'ordre de Daesh aujourd'hui c'est de dire: ne venez pas nous rejoindre, restez chez vous et commettez des actions terroristes sur vos territoires nationaux".

Autre signe de changement: la place des femmes. "On a longtemps cru que les femmes étaient cantonnées à des tâches ménagères en Irak ou en Syrie; notre position a beaucoup évolué", précise François Molins. "Elles ont en réalité pu être occupées et impliquées dans des activités opérationnelles. On a pu leur apprendre à manier des armes."

"À deux ou trois reprises, des organes officiels régionaux plus représentatifs de Daesh ont appelé les femmes et les enfants à participer au jihad armé. C'est nouveau. Il n'est pas exclu que l'on puisse avoir des participations de femmes et de mineurs à des activités combattantes."

A. K.