BFMTV

Magnanville: les deux policiers racontés par leurs proches

Des policiers à Magnanville, dans les Yvelines, mardi 14 juin, près de la maison où un couple de policiers a été tué

Des policiers à Magnanville, dans les Yvelines, mardi 14 juin, près de la maison où un couple de policiers a été tué - Matthieu Alexandre - AFP

"Jamais un mot plus haut que l'autre", "dynamique", "qui avait des valeurs": les proches des deux policiers tués lundi soir à Magnanville, dans les Yvelines, sont sous le choc.

Jessica Schneider, 36 ans, secrétaire administrative au commissariat de Mantes-la-Jolie, et Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, commandant de police adjoint au commissariat des Mureaux, ont été tués à l'arme blanche par Larossi Abballa lundi soir à Magnanville, dans les Yvelines, parce qu'ils étaient policiers. L'attaque a été revendiquée par Daesh via une agence de presse affiliée à l'organisation.

Tous deux travaillaient dans ce département depuis quinze ans. Mais Jean-Baptiste Salvaing avait également été affecté à Mantes-la-Jolie et pour la Bac du département.

"C'était un gars comme tout le monde qui aimait vivre"

Ses qualités humaines ont marqué ses collègues. "C'était une personne très proche de ses effectifs, c'était sa particularité une approche complètement différente de ce qu'on peut connaître sur certaines hiérarchies", se souvient Cyril Thiboust, porte-parole d'Unité SGP police FO Yvelines, pour BFMTV.

"C'était un commandant apprécié, très apprécié par l'ensemble des collègues policiers de notre département. Homme dynamique, professionnel, toujours compétent", a expliqué Sabrina Rigollé, du syndicat des cadres de la sécurité intérieure, pour BFMTV.

Avant de s'installer en région parisienne, Jean-Baptiste Salvaing a grandi à Pézenas, où il a aussi fait son premier stage de policier. Dans cette petite ville de l'Hérault, les drapeaux sont en berne. Ses amis d'enfance se souviennent de lui avec beaucoup d'émotion.

"C'était quelqu'un qui a fait ses études ici, qui a fréquenté les écoles d'ici. Il était licencié dans différents clubs sportifs, c'était un gars sportif. Un gars comme tout le monde qui aimait vivre, quelqu'un d'attachant, de sympathique, qui avait des valeurs, tout simplement", se souvient Pierre Rossignol, adjoint au maire de Pézenas.

Ses qualités sont partout louées. "C'était un gars très serviable, très jovial, toujours envie de rendre service", témoigne pour BFMTV Lionel Puche, chef de service de la police municipale de Pézenas.

"Toujours un caractère agréable, jamais de dispute"

Le futur policier était également un sportif et a passé son enfance sur les terrains de rugby.

"Toujours un caractère agréable, jamais de dispute. S'il jouait ou s'il ne jouait pas, parce qu'il était remplaçant, il était content, se souvient André Saudo, trésorier du club de ruby, pour BFMTV. Jamais un mot plus haut que l'autre."

Jessica Schneider était très investie dans la vie municipale de Magnanville.

"C'est quelqu'un qui s'est très rapidement impliqué au sein de l'école, son fils était scolarisé cette année, auprès des parents d'élèves, au sein du conseil de l'école, raconte pour BFMTV Sandrine Martins, adjointe au maire de Magnanville. C'était quelqu'un qui s'est mêlé à notre vie municipale de manière très active."

Le couple avait acheté un pavillon dans cette petite ville de la banlieue parisienne il y a deux ans. Les deux policiers y vivaient avec leur petit garçon, âgé de 3 ans, qui se trouvait lui aussi dans la maison familiale au moment de l'attaque. Mais il a pu s'en sortir indemne. Le fils de Jean-Baptiste Salvaing, né d'une première union, les rejoignait régulièrement.

"Elle disait que j'étais comme sa sœur"

Romuald et Stéphanie étaient leurs amis. Le couple de policiers les avaient aidés lorsque ces derniers avaient rencontré des difficultés, allant jusqu'à leur offrir des vacances. Ils sont dévastés.

"Jessica, c'était une personne très intelligente qui avait une grande générosité, c'était quelqu'un qui avait une grande valeur. Jean-Baptiste était très intègre. On a deux filles. Elles l'appelaient tatie Jessica parce qu'elle disait que j'étais comme sa sœur, témoigne en larmes la jeune femme pour BFMTV. Quand Jean-Baptiste est passé commandant, on est allé au commissariat avec nos deux filles, dans son bureau, elles ont mis sa casquette de commandant sur la tête."

Son compagnon se souvient lui aussi de ce moment avec beaucoup d'émotion.

"Elles étaient fières. C'était une journée magnifique", se souvient à son tour Romuald, pour BFMTV.

Une minute de silence sera respectée ce mercredi à 12h au ministère de l'Intérieur, en présence de François Hollande, et dans tous les commissariats de France.
C.H.A.