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Attentats: la soeur d'une victime appelle au "boycott" de l'hommage national

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- - Page Facebook de Emmanuelle Prevost

Sur Facebook, Emmanuelle Prévost, dont le frère a été tué au Bataclan vendredi 13 novembre, estime que les responsables politiques et le président de la République en tête sont, en partie, responsables des attaques qui ont frappé Paris. 

La soeur d'une des 89 victimes du Bataclan a décidé de boycotter l'hommage national rendu aux 130 morts des attentats de Paris, vendredi aux Invalides. Emmanuelle Prévost a publié sur la page Facebook hommage "We miss you FX" et sur sa page personnelle un long texte qui commence ainsi: "En tant que famille de François-Xavier Prévost, victime de cette tuerie, nous n’y participerons pas. Nous refusons cette main tendue par les représentants politiques de la France". Elle liste ensuite ce qu'elle juge comme des erreurs de jugement et de prévention des risques d'attentats mais aussi comme les rasions de son boycott.

"En France, il est possible d’être en lien avec un réseau terroriste, de voyager en Syrie, et de revenir, librement, regrette-t-elle. Parce qu’en France, des personnes fichées S circulent librement." Mais aussi "parce qu’en France, 89 mosquées sont recensées comme étant radicales, c’est à dire qu’elles appellent ou profèrent la haine" ou "parce qu’en France, un homme ayant perpétré un homicide en 2006, condamné en 2008, est libre en 2013" en référence au logeur de Saint-Denis, Jawad Bendaoud

"NON, merci monsieur le Président"

Parce que, depuis la tuerie de Charlie Hebdo, en janvier, "rien n’a été fait" et, que dix mois plus tard, "les mêmes hommes sont en mesure de recommencer". "Alors "NON, merci Monsieur le Président, Messieurs les politiciens, mais votre main tendue, votre hommage, nous n’en voulons pas et vous portons comme partie responsable de ce qui nous arrive! C’est plus tôt qu’il fallait agir. Les attentats du mois de janvier auraient dû suffire!", conclut-elle.

Publié le 23 novembre, il avait été partagé près de 9.300 fois mercredi vers 8 heures. Sur sa page, Emmanuelle Prevost relaye la mobilisation autour de son appel au boycott. Et dans les commentaires laissés sous son texte, on trouve celui du député Les Républicains Marc-Philippe Daubresse qui "se dit en colère". C'est un "ami" de la famille, originaire de Lille, explique Metronews. "Onze mois de perdus je suis en colère, dit-il. on ne peut s'empêcher de se demander combien de vies auraient pu être sauvées si les pouvoirs publics avaient agi plus tôt".

Alors que les premières obsèques des 130 victimes des attentats du 13 novembre ont débuté lundi, dans toute la France, vendredi, un hommage national sera rendu aux Invalides, à Paris, lors d'une cérémonie présidée par François Hollande.

S.A.