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Attentats: la famille Saadi meurtrie après la mort d'Halima et Hodda

Halima et Hodda sont tombées vendredi soir sous les balles des terroristes qui ont attaqué la Belle Equipe, à Paris. Ces deux sœurs, musulmanes d'origine tunisienne, laissent derrière elles une famille meurtrie, qui redoute les amalgames.

Vendredi soir, la famille Saadi était à la fête à La Belle Equipe, rue de Charonne. Les deux sœurs Halima et Hodda étaient attablées en terrasse. "Il y a avait du monde à l'intérieur, trois anniversaires dont celui de ma sœur", raconte Khaled Saadi, serveur au restaurant. Soudain, une fusillade a éclaté.

"Je me suis mis à plat ventre en espérant ne pas être touché", raconte Khaled. Il a attendu que les tirs cessent pour se relever et s'est empressé de sortir pour retrouver ses sœurs. "Je suis sorti du restaurant et je me suis mis face à tout le monde. Ils étaient tous morts ou souffrants", rapporte-t-il encore bouleversé.

Au milieu de ses amis, il retrouve sa sœur Halima, morte sur le coup. Il essaye ensuite de secourir son autre sœur, Hodda, grièvement blessée. Avec l'aide d'un ami, il la déplace jusqu'au restaurant d'à côté et ne cesse de lui parler pour la garder en vie et lui "dire qu'on était là". Blessée par une balle reçue à la tête, Hodda est hospitalisée dans un hôpital parisien avant de succomber à ses blessures quelques heures plus tard.

"Ils tuent des musulmans, ils tuent tout le monde"

La fratrie Saadi était née au Creusot, en Bourgogne. Le père, Khalifa Saadi, originaire de Tunisie, s'y était installé en 1970.

"Ceux qui ont fait ça, ils tuent des musulmans, ils tuent tout le monde. Nos sœurs sont parties, il y a 128 autres personnes qui sont parties avec et de nombreux blessés, explique Abdallah, autre frère de la fratrie, qui redoute maintenant le regard des autres et les amalgames. J'espère que les Français ne se tromperont pas. Il ne faut pas tout mélanger. On est nés en France, des Bourguignons de naissance, on a toujours travaillé. L'antithèse de ce que des milliers de personnes débiles peuvent penser. On est juste des citoyens comme tout le monde."

"Détresse absolue" des parents

"Mes parents sont dans une détresse absolue", ajoute Abdallah. Halima Saadi, 35 ans, était mère de deux enfants de 7 et 2 ans. Elle vivait depuis peu au Sénégal. Hodda Saadi, 34 ans, était co-gérante du restaurant La Belle Equipe.

"Elle a été tuée avec tous ces innocents. Ceux qui ont fait ça ne peuvent pas se revendiquer de la religion. Dans la famille, tout le monde travaille, on a toujours donné une belle image de l'intégration. Et eux, les terroristes, ils foutent tout en l'air", regrette un autre frère resté au Creusot dans Le Parisien.

Karine Lambin