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Attentats de Paris: ce que policiers et terroristes se sont dit au Bataclan

On en sait plus sur le huis-clos entre terroristes et otages au Bataclan, le 13 novembre.

On en sait plus sur le huis-clos entre terroristes et otages au Bataclan, le 13 novembre. - Miguel Medina - AFP

Plus d'un mois après les attentats, Le Figaro révèle des détails sur l'attaque du Bataclan, livrés grâce aux rescapés dont les témoignages ont été recueillis par les enquêteurs.

Au fur et à mesure des témoignages des rescapés du Bataclan, les détails de l'attaque des trois kamikazes, le 13 novembre dernier, se précisent. Si l'on connaît la méthode des terroristes, on en sait désormais plus sur leurs cibles et leurs revendications.

Lundi, Le Figaro révèle des passages d'auditions de rescapés, menées par la Sous-direction antiterroriste, la brigade criminelle de Paris et la Direction générale de la sécurité intérieure.

Le 13 novembre, les trois hommes pénètrent dans le Bataclan et tirent sur la foule. Selon le quotidien, ils disent vouloir s'en prendre aux membres du groupe Eagles of Death metal: "Il est où le chanteur? Ils sont où les Ricains? C'est un groupe américain, avec les Américains vous bombardez, donc on s'en prend aux Américains et à vous", crient-ils dans la salle.

"Vous allez payer pour la Syrie et l'Irak"

A nouveau, ils répètent: "vous allez payer pour la Syrie et l'Irak. C'est pour nos frères d'Irak et de Syrie, vous avez fait du mal à nos frères, vous avez bombardé la Syrie (…) On fait ce que vous faites en Syrie (….) Nous on n'est pas en Syrie, mais on agit ici. Vous nous faites ça, on vous fait ça".

Les trois hommes décident de retenir plusieurs personnes en otage, à qui ils ordonnent de rester devant les fenêtres et les portes en cas d'attaque de la police. Alors qu'ils tentent de prendre contact avec les forces de l'ordre via les téléphones des otages, l'un d'eux lance aux unités du Raid: "on voit vos lasers rouges, on vous entend derrière la porte".

Une fois le contact pris, l'un des trois kamikazes exige de parler avec "un négociateur (...) Je veux savoir à qui je parle". Il répète alors les revendications du groupe: "je veux que vous partiez du pays (la Syrie), je veux que vous enleviez vos armées, je veux un papier, et un papier signé qui le prouve". Pour être sûr d'arriver à ses fins, il use même de menaces: "si dans cinq minutes je n'ai rien, je tue un otage et je le balance par la fenêtre, moi je m'en fous, on n'a pas peur de mourir". 

Les discussions durent. Durant ce huis-clos sinistre, un terroriste prend même le temps de s'installer derrière le xylophone sur la scène, et joue avec "un rire sadique", selon une rescapée. Au total, 88 personnes sont mortes dans l'attaque du Bataclan.

A. K.